Procès à Lausanne: Il casse des lames en poignardant sa femme
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Procès à LausanneIl casse des lames en poignardant sa femme

Jaloux, un mari marocain a notamment infligé 44 coups de couteau à son épouse en octobre 2010. Il conteste aujourd'hui au tribunal certaines violences conjugales envers celle qu'il appelle encore «la diablesse».

par
Frédéric Nejad

Arrivé menottes aux poignets, K. F. a gardé durant presque toute l'audience les yeux rivés au sol. Remarié en novembre 2006, après une première union décrite comme un mariage blanc - ce qu'il conteste - avec une connaissance toxicomane, ce Marocain de 36 ans est accusé de tentative d'assassinat, de lésions corporelles, de menaces qualifiées et de séquestration sur son épouse.

Après plusieurs années de disputes et de violences conjugales, sa femme se décide à se séparer de lui en novembre 2009. Mais le lundi 22 février 2010, vers 19h55, la situation va rebondir pour se transformer en scène d'horreur en plein Lausanne.

K. F. téléphone à son épouse car il souhaite la rencontrer chez elle. Mais selon toutes vraisemblances, il la soupçonne de fréquenter désormais un autre homme. Entendant la voix d'un individu à travers la porte d'entrée, il hurle et finit par l'enfoncer. Face à son ex-compagne apeurée, l'accusé marocain va laisser libre cours à une violence aveugle.

En la poignardant, alors qu'elle pleurait et hurlait, il casse deux fois la lame de l'arme blanche. Il est alors allé chercher un autre couteau à la cuisine pour ensuite continuer la boucherie, jusqu'à ce que la patrouille de police dépêchée sur place y mette fin. Quarante-quatre coups de couteaux ont été dénombrés sur le corps de sa victime.

D'une voix basse, K. F. ne reconnaît pas que les coups de couteaux du 22 février 2010, sans pour autant expliquer son geste: «Je ne sais plus, je regrette tout ça».

Plaidoirie et réquisitoire mercredi.

"Il peine à se percevoir capable d'une telle violence"

Auteur d'un rapport d'expertise médicale à la demande de l'avocat de la défense, le Dr Philippe Delacrausaz est venu donner quelques explications sur la personnalité de l'accusé, K. F., lundi matin au Tribunal correctionnel de Lausanne.

Selon le médecin, l'accusé ne présentait pas de décompensation psychotique au moment du passage à l'acte à l'arme blanche. "K. F. présente un trouble de la personnalité ce qui le rend extrêmement sensible. Il gère mal ses réactions, de manière excessive." Le psychiatre recommande un traitement psychothérapeutique afin de l'aider à mieux gérer ses émotions et à admettre ses violences. La question est de savoir si ce traitement doit être suivi de manière ambulatoire ou en institution, c'est à dire en milieu fermé, du moins au début du traitement. Comme le relève la procureure Camilla Masson dans le rapport d'expertise, le prévenu est susceptible de récidiver dans une nouvelle relation conjugale avec une autre femme.

"Et ses 3 côtes, elle se les est cassées en faisant du footing?"

La procureure a haussé le ton lundi en s'adressant au prévenu K. F., qui se contentait d'éviter le regard de ses interlocuteurs de la cour et qui prétendait soit ne plus se souvenir de certains faits, soit que la victime mentait.

"Comment expliquez-vous les régulières marques et les bleus sur le corps de Madame?"

"Elle avait un scooter, qui plus est sans permis, et elle a eu des accidents et fait des chutes."

"Et durant votre voyage à Istanbul, elle n'a pas conduit de scooter, si? Or, elle a eu 3 côtes de cassées. Pourquoi, comment?"

"Franchement, je ne sais pas."

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