25.08.2020 à 15:42

Meyrin (GE)Il considérait que «je lui appartenais»

Le procès du jeune homme qui a volontairement écrasé son rival, à Meyrin (GE), en juin 2017, se poursuivait.

L’homme jugé s’en était pris au nouveau copain de son ex.

L’homme jugé s’en était pris au nouveau copain de son ex.

Keystone

Les témoins ont défilé, mardi, devant le Tribunal criminel de Genève, au procès d’un homme de 24 ans jugé pour avoir, en juin 2017, tué le nouveau compagnon de son ex-copine. Il l’avait renversé avec sa voiture sur un parking de Meyrin (GE), puis avait roulé sur son corps. Il considérait que «je lui appartenais», a déclaré la jeune femme en parlant de son ancien petit ami, poursuivi pour assassinat.

Selon la jeune femme, le prévenu l’oppressait à l’époque et aujourd’hui, elle en a «une peur bleue». Quand elle apprenait à conduire avec son nouveau copain, elle voyait parfois dans son rétroviseur l’accusé les suivre au volant de sa voiture. Il la pistait même par GPS grâce à un téléphone qu’il lui avait prêté.

La «vérité par petit bout»

Peu avant le drame, la jeune femme est montée dans la voiture du prévenu pour conduire et aussi mettre les choses à plat avec lui. «Je lui ai expliqué la vérité par petit bout», a-t-elle déclaré au tribunal. Elle lui a avoué avoir couché avec son nouveau copain. «Il était obnubilé» par cette question, selon elle.

Revenu sur le parking, le prévenu a attendu que la jeune femme descende du véhicule avant de redémarrer et de foncer sur son rival qui quittait à pied le lieu. Percutée, la victime a été projetée au sol. Le prévenu lui a alors roulé dessus. Il est reparti, sans se soucier de l’état du malheureux.

«J’ai pensé dans un premier temps qu’il allait foncer dans ma voiture, car il y avait mon chien à l’intérieur», a indiqué la jeune femme. Depuis, «je ne peux plus voir de Seat Cupra noire», a-t-elle ajouté, en terminant son audition sur une phrase énigmatique. «J’avais peur de lui, mais aussi peur de perdre son amitié».

Triste et jaloux

«Il était triste de ne plus avoir sa copine», a déclaré un ami du prévenu, qui a assisté au drame. L’accusé montrait aussi des signes de jalousie. Selon ce témoin, la fille jouait avec ses deux conquêtes. «J’ai essayé en vain d’intervenir auprès de l’accusé pour lui dire que ce n’était pas une bonne personne», a-t-il ajouté.

La mère de la victime a décrit son fils comme quelqu’un de bon vivant, qui aimait bien rire. Elle n’a pas touché à la chambre de son enfant depuis sa mort. «Je n’arrive pas à la vider». Le père du jeune homme se rend parfois, lors de ses nuits d’insomnie, à Meyrin, sur le parking du drame, avec l’espoir insensé de revoir son fils.

La mère de l’accusé, pour sa part, a dit comprendre la douleur des parents de la victime. Elle a aussi pointé du doigt la fille au cœur de la rivalité fatale, qualifiant la jeune femme de «mauvaise, mythomane et machiavélique». Elle a «profité» de deux garçons qui «faisaient des choses ensemble» avant de la connaître.

(ATS/NXP)

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