Actualisé 14.10.2019 à 15:47

San Francisco (USA)Il «convoque» sa Tesla, elle frôle l'accident

Le propriétaire d'une Tesla a appelé sa voiture via une nouvelle fonction qui permet de la faire venir sans personne au volant. Après deux mètres, la Tesla a failli provoquer un accident.

de
lhu
14.10.2019

Vidéo postée sur Twitter par le propriétaire de la voiture Roddie Hasan.

Roddie Hasan adore sa Tesla, mais après une frayeur sur un parking il n'est pas près de réutiliser la nouvelle fonction «Smart Summon». Cette dernière permet de faire venir sa voiture à soi, sans personne au volant.

Roddie Hasan a testé l'option un soir, en sortant d'une pizzeria à San Francisco. Sa voiture est sortie toute seule de son emplacement, puis est venue vers lui, doucement. Mais à l'intersection dans une allée du parking, un SUV a dû piler net pour éviter la collision. «Au final, je ne sais pas si ma voiture s'est arrêtée toute seule ou si c'est moi qui l'ai arrêtée, quand j'ai enlevé le doigt du bouton dans l'application», raconte l'informaticien, à l'AFP, précisant qu'il n'avait pas quitté sa voiture des yeux, conformément aux instructions du constructeur. «Je réessaierai dans un mois ou deux, pour l'instant je n'ai pas envie de faire peur à d'autres personnes», ajoute-t-il.

Pilote automatique: une option qui fait débat

La vidéo de l'incident qu'il a postée sur Twitter a été très largement commentée par les critiques de Tesla et par les fans inconditionnels de la marque, qui accusent Roddie de négligence. Sans compter les internautes qui ne voient pas l'utilité de faire venir sa voiture plutôt que de marcher.

Le constructeur de véhicules électriques haut de gamme, qui a promis des voitures complètement autonomes pour 2020, offre depuis septembre la possibilité, en utilisant son smartphone comme télécommande, de «convoquer» la voiture qui vient à son propriétaire comme pilotée par un voiturier invisible.

«C'est inimaginable»

«Quand on met un produit de cette nature à disposition du public, il devrait fonctionner sans problème», commente Dan Edmunds, directeur des tests automobiles chez Edmunds.com.

«C'est comme si on utilisait les membres du public comme des ingénieurs-testeurs. Pour une appli de téléphone, ça passe, mais pour une voiture qui va circuler au milieu des autres véhicules, et des piétons... C'est inimaginable pour moi».

Tesla n'a pas répondu aux requêtes de l'AFP pour s'exprimer à ce sujet.

Uber, mais sans les chauffeurs

En avril le patron fondateur du groupe Elon Musk a annoncé «avec un grand degré de certitude» le lancement dès 2020 d'une plateforme de réservation de « robots-taxis autonomes». Comme Uber, mais sans les chauffeurs.

«Même quand la technologie sera prête, il restera la question de la régulation, car nous n'avons pas de loi fédérale sur les véhicules autonomes», rappelle David Whiston, analyste de Morningstar.

Le logiciel Autopilot de Tesla a été impliqué dans plusieurs accidents. Un organisme fédéral américain a récemment établi que la dépendance excessive d'un conducteur au logiciel avait causé l'encastrement, en janvier 2018, de sa voiture contre un camion de pompiers à l'arrêt.

Il avait reçu de nombreuses alertes du logiciel pour remettre ses mains sur le volant.

(lhu/afp)

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