Actualisé 20.06.2011 à 16:10

Genève

Il dégaine une arme contre un squatter

Face au deal et à l'occupation illicite de sa cave, un habitant de la rue Maunoir a «pété les plombs» dans la nuit de jeudi à vendredi. Il a été interpellé par des policiers encagoulés puis relâché.

de
Raphaël Leroy

«J'ai pété les plombs, c'est vrai! Mais je n'allais pas recourir au pire. Je voulais juste qu'il s'en aille!» Jeudi soir, ce locataire du 8 rue Maunoir, aux Eaux-Vives, dîne chez lui avec un voisin. Alors que la soirée se passe normalement, ils entendent un bruit incessant dans le hall d'entrée.

Une arme à la main... factice!

Agacé, l'homme descend armé d'un fusil de chasse de console de jeu qui paraît toutefois très vraisemblable. «Je l'ai supplié de ne pas descendre mais il n'en a fait qu'à sa tête», raconte le voisin. Le sexagénaire arrive à la cave où il trouve l'importun. «Je lui ai dit de partir et je suis rentré chez moi dormir», indique le locataire qui croyait en avoir fini avec cette histoire.

Mais en pleine nuit, l'homme se fait réveiller par «un grand boum». La brigade d'intervention de la police fait sauter sa porte et l'interpelle sans sommation. Le sexagénaire se retrouve au poste avant d'être examiné par un psychiatre. Il est relâché dans la foulée.

«Nous avons été prévenus qu'un homme déambulait armé dans les couloirs du bâtiment, signale Patrick Puhl, porte-parole de la police. Dans ces cas-là, nous ne prenons aucun risque.»

Du deal depuis deux ans

«Cela fait deux ans que la situation se détériore dans cet immeuble, explique-t-il pour justifier son acte. Il y a du deal et du va-et-vient alors qu'il y a un code à l'entrée. Sans parler de la personne qui dort dans la cave depuis trois mois. Ils sont même six parfois en bas!» Une voisine surenchérit. «La police vient régulièrement. On a peur le soir dans l'immeuble. Plus personne n'ose descendre seul à la cave.»

«C'est une résidence qui accueille des gens de passage, indique un voisin. On a l'impression que les studios sont loués à n'importe qui alors que l'on a prévenu la régie de tout ça!» Plusieurs courriers de différents habitants ont en effet été envoyés.

Une régie résignée

Du côté de l'agence immobilière qui gère le bâtiment, c'est la résignation qui prédomine. Elle estime ne pas avoir les moyens de lutter efficacement contre ce genre de nuisances et appelle les autorités à en faire plus.

En date du 16 juin, elle a tout de même envoyé un courrier à tous les locataires pour rappeler un certain nombre de règles élémentaires. Mais elle n'y met que peu d'espoir. «Beaucoup des résidents ne parlent pas français et le jettent immédiatement à la poubelle», indique-t-elle dépitée.

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