03.09.2019 à 17:49

Ecoles en IndeIl dévoile les repas exécrables et est poursuivi

Des journalistes ont manifesté mardi en Inde pour dénoncer les poursuites engagées contre l'un de leurs confrères, qui a filmé une vidéo révélant les repas exécrables servis dans une école publique.

La vidéo du journaliste Pawan Jaiswal, montrant des enfants d'une école primaire de l'État pauvre d'Uttar Pradesh (nord) à qui l'on sert du pain et du sel pour le déjeuner au lieu du plat obligatoire, a fait le tour du géant d'Asie du Sud et provoqué la consternation.

Les images ont déclenché une vague de critiques contre le gouvernement d'Uttar Pradesh, dirigé par les nationalistes hindous du Premier ministre Narendra Modi, qui a répondu en lançant une procédure pénale contre le journaliste à l'origine du scandale.

Des dizaines de journalistes se sont rassemblés mardi devant le bureau d'un responsable du district incriminé pour demander l'abandon de cette enquête contre leur confrère. «C'est un cas classique et cruel d'attaque contre le messager», a dénoncé dans un communiqué lundi l'Editors Guild of India. «Il est choquant qu'au lieu de prendre des mesures pour réparer ce qui ne va pas sur le terrain, le gouvernement a engagé des poursuites pénales contre le journaliste», a poursuivi l'organisation.

Détérioration des conditions de travail

Les journalistes en Inde dénoncent une détérioration de leurs conditions de travail ainsi que des campagnes de harcèlement en ligne contre eux dans le pays de 1,3 milliard d'habitants ces dernières années.

Les responsables politiques de tout bord ont fréquemment recours à la loi pour faire taire des voix critiques contre eux dans la presse ou sur les réseaux sociaux.

Plus tôt dans l'année, une militante du parti nationaliste hindou a été arrêtée pour avoir posté une image tournant en dérision la cheffe de l'exécutif du Bengale occidental, Mamata Banerjee. Elle a par la suite été relâchée sous caution par la Cour suprême.

Un journaliste du Manipur a lui été emprisonné l'année dernière pour avoir critiqué le ministre en chef de ce petit État du nord-est indien ainsi que le Premier ministre Modi.

L'Inde figure à la 140e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse 2019 de l'organisation Reporters sans frontières, en recul de deux rangs par rapport à l'année précédente. (20 minutes/afp)

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