Actualisé 29.01.2019 à 18:48

ZurichIl empoche un pactole avec des fausses oeuvres d'art

Le patron d'un lupanar zurichois est accusé d'escroquerie par métier. Il aurait empoché frauduleusement près de 7 millions de francs.

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Keystone

Un procès peu banal s'ouvrira en mai dans le canton de Berne. Le gérant d'un bordel zurichois est accusé d'avoir arnaqué plusieurs investisseurs pour une somme avoisinant les 7 millions de francs. Face aux juges, il devra notamment répondre d'escroquerie par métier, rapporte mardi «Blick».

Le patron du lupanar se trouve en détention provisoire depuis 2016. On lui reproche d'avoir fait croire à plusieurs personnes qu'il avait acquis un tableau du Titien (1488-1576) pour la modique somme de 7 millions de francs. Il leur aurait assuré se trouver au beau milieu de négociations pour revendre l'oeuvre pour une somme beaucoup plus élevée.

Joli rendement en vue

Le Zurichois a ensuite demandé de l'argent aux personnes contactées pour pouvoir réaliser les expertises manquantes, précisant avoir dépensé tous ses sous pour acheter le tableau. Il a promis un joli rendement aux personnes qui le soutiendraient financièrement. Dans un deuxième temps, le prévenu a affirmé avoir pu acquérir pour «quasi rien du tout» un 2e tableau, de Rembrandt (1606-1669) cette fois.

Les investisseurs bernés ont payé près de 4 millions de francs entre 2007 et 2015. D'autres virements se sont encore succédé dans les mois suivants. Une des personnes lésées, un homme d'affaires, confirme à «Blick»: «Je lui ai versé environ 500'000 francs.»

L'accusé avoue partiellement

Après un certain temps, les manigances du Zurichois avaient finalement été révélées au grand jour. Les tableaux avaient alors été saisis et déclarés comme des faux.

Selon l'acte d'accusation, l'accusé a utilisé les millions empochés frauduleusement pour rembourser des dettes liées aux impôts ou encore financer son style de vie. Il aurait aussi pris en charge le loyer de sa petite amie brésilienne et lui aurait offert environ 2,5 millions de francs. Pour finir, il aurait investi près de 500'000 francs pour rénover son établissement.

Contacté, l'avocat de l'accusé explique que son client avoue avoir empoché l'argent des investisseurs. Il tient cependant à préciser: «Mon client était persuadé que les tableaux étaient des vrais.»

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