Tribunal de VeveyIl encourt 30 mois de prison pour abus sexuel
Un juriste saoudien est accusé d'avoir violé une jeune fille dans un hôtel de Montreux. Le verdict est attendu mardi.

Fortement traumatisée par les faits, la victime suit plusieurs thérapies depuis, «sans succès». (lundi 13 mars 2017)
Le Ministère public a requis lundi une peine de 30 mois d'emprisonnement, dont 6 mois ferme, contre un juriste saoudien de 31 ans devant le tribunal correctionnel de Vevey (VD). En février 2015, à Montreux, il aurait abusé sexuellement d'une fille de 20 ans qu'il avait amenée dans sa chambre d'hôtel.
L'homme est accusé d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance. La défense, qui considère que le doute doit profiter à l'accusé, plaide l'acquittement. Le verdict sera prononcé mardi.
Culpabilité «très grave»
Dans ses réquisitions, la procureure a souligné qu'elle ne «croit pas une seule seconde» à la version de l'accusé, qui plaide un rapport consenti. L'homme, dont la culpabilité est pour elle «très grave», aurait montré «le mépris le plus total pour l'intégrité sexuelle» de sa victime.
Ne lui témoignant «aucune once de respect», il a même refusé d'effectuer un test HIV pour que la jeune fille n'ait pas à effectuer un test préventif. Considérant que le risque de fuite n'est pas élevé, elle a renoncé, «après avoir hésité», à demander l'arrestation immédiate de l'accusé, domicilié en Arabie Saoudite.
«Peine dérisoire»
Représentant la plaignante, Me Jacques Barillon a considéré la peine requise comme «dérisoire, et même assez choquante». Elle constitue selon lui «presque une insulte aux victimes dans ce genre d'affaire».
L'avocat a assuré que l'homme, qu'il qualifie de «prédateur», s'enfuira dans son pays s'il est condamné, malgré le versement de 100'000 francs de caution. La défense, qui considère qu'aucun élément ne prouve la culpabilité de l'accusé, a demandé l'acquittement en se fondant sur la présomption d'innocence.
Victime inconsciente
Dans la nuit du 13 au 14 février, alors qu'il rentrait d'une soirée passée dans une boîte de nuit de Montreux avec une amie, l'homme a rencontré la victime dans la rue. Selon l'accusation, elle était couchée sur le trottoir, «dans un état de conscience fortement altéré».
Voyant que la jeune fille n'allait pas bien, l'homme et son amie l'ont amenée dans leur suite. La victime s'est couchée dans le lit de l'accusé et se serait endormie. Selon elle, elle a remarqué qu'elle se trouvait nue lorsqu'elle a repris conscience plusieurs heures plus tard, et a quitté les lieux.
Dans les jours qui ont suivi, la jeune fille a souffert de douleurs anales et vaginales et de courbatures. Les tests médicaux ont révélé la présence de liquide séminal de l'accusé dans son corps. Aucune lésion n'a été constatée.
Images de vidéosurveillance
Selon l'accusé, la victime était consciente et consentante, et il conteste tout acte de pénétration. Après le départ de son amie, la jeune fille lui aurait fait des avances, auxquelles il aurait cédé. Le témoignage de son amie, du réceptionniste de l'hôtel et des images de vidéosurveillance paraissent au contraire établir que la plaignante était dans un état de quasi-inconscience à son arrivée à l'hôtel.
A l'audience, elle a assuré n'avoir consommé que peu d'alcool le soir des faits, et pense avoir été intoxiquée par la «pilule du violeur». Fortement traumatisée par les faits, elle suit plusieurs thérapies depuis, «sans succès» selon elle. (nxp/ats)