Lausanne: Il entend garder les Ferrari bradées par un sacré filou
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LausanneIl entend garder les Ferrari bradées par un sacré filou

Un homme a acheté, à bon prix, deux voitures d’occasion. Mais le vendeur n’en était pas le propriétaire et la justice a fait séquestrer les bolides.

par
Christian Humbert
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Les Ferrari (ici une 348 TS) ont été cédées à un tarif en dessous de leur valeur, ce que conteste l’acquéreur. 

Les Ferrari (ici une 348 TS) ont été cédées à un tarif en dessous de leur valeur, ce que conteste l’acquéreur. 

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Un modèle de Ferrari 550 Maranello, comme celle qui a été vendue, illicitement, à un prix très avantageux.

Un modèle de Ferrari 550 Maranello, comme celle qui a été vendue, illicitement, à un prix très avantageux.

Getty Images

L’occasion était trop belle pour passer à côté: deux Ferrari, une 550 Maranello et une 348 TS, étaient affichées au prix de ­berlines standard. Un Vaudois s’est donc contenté d’avoir vu des photos des bolides avant de courir à sa banque retirer quelques dizaines de milliers de francs et de payer le vendeur, sans facture ni garantie.

Or, ce dernier n’était pas le détenteur de ces véhicules anciens. Les cartes grises n’étaient d’ailleurs pas à son nom. L’avocat de la véritable propriétaire, Me Christian Favre, raconte: «À la mort de son mari collectionneur, dont elle a financé la passion, elle a confié une BMW (lire encadré ) et deux Ferrari à un ami du défunt.» Il était chargé de les entretenir et de les préparer pour une vente éventuelle. Sauf que, endetté, l’homme a cédé ces voitures à un prix en dessous du marché et a dépensé l’argent. Une plainte a été déposée. «Nous avons demandé, et enfin obtenu, le séquestre des véhicules, en vue de leur restitution.»

Bien trop nébuleux aux yeux de la justice

Car l’acquéreur des Ferrari entend les garder et a réclamé, en vain, la levée du séquestre. Il jure avoir agi de bonne foi et que le prix payé cash pour ces bolides, 30’000 et 40’000 francs, était normal. Il aurait aussi ­obtenu un gros rabais sur un simple coup de fil, sans avoir vu les véhicules. Et ce n’est qu’à l’ouverture de l’enquête que des quittances ont été établies.

Tout cela paraît bien trop nébuleux et la justice s’interroge sur l’absence de vérifications de la part de l’acheteur. Les Ferrari restent donc au garage, en attendant leur restitution à la veuve.

Achat dans les règles? Le TF tranchera
Selon Me Christian Favre, la troisième voiture confiée par la veuve à l’ami du défunt a également été vendue de manière illicite. Cette BMW a été rachetée par un garagiste ayant pignon sur rue. Elle a aussi été placée sous séquestre, dans l’attente d’une décision du ­Tribunal fédéral (TF). C’est le garagiste qui a saisi la Haute Cour. En effet, tout comme celui qui s’est ­offert les deux Ferrari, ce professionnel assure que l’achat de ce ­véhicule s’est fait dans les règles.

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