Actualisé 21.05.2012 à 22:07

Genève«Il est mort par balles, je n'y suis donc pour rien»

Le tribunal criminel juge depuis lundi une Vaudoise qui a commandité le meurtre de son mari. Celui qui l'a présentée au tueur présumé se dit innocent.

de
Jérôme Faas
L'immeuble sis au 40 chemin de Joinville, fut le théatre d'un meurtre en novembre 2008.

L'immeuble sis au 40 chemin de Joinville, fut le théatre d'un meurtre en novembre 2008.

«Plus qu'une tripotée, une immense démerdée.» Voici le tarif que J., maître d'équitation, jugeait approprié pour Pierre S. Mais ce dernier n'a pas eu les membres brisés. Il a été abattu de deux balles dans la tête en novembre 2008 à Cointrin, dans son lit.

J. a présenté P., le tueur à gages présumé, à Carole*, la femme de la victime, et à sa mère. Celles-ci, qui assuraient subir un terrible harcèlement, ont alors payé 50'000 fr. pour éliminer Pierre S. A l'époque, le maître d'équitation les croit. Le mari est «un dangereux mafieux», c'est sûr. Il voit en P., «un rambo», la personne idoine pour infliger «une sévère dégelée» au très riche Pierre S. «S'il était mort de coups de poing, je me serais senti un peu coupable, mais pas par balles», avançait-il lundi. L'issue fatale, il n'y aurait jamais songé.

«Des femmes diaboliques»

Fruste, confus, J. plaide donc l'acquittement avec son «langage d'écurie». Il se dit «manipulé» par deux femmes «diaboliques». Pierre S. n'était pas un mafieux, découvre-t-il en cours d'instruction. Le voici effondré. «J'ignorais qu'il avait de la famille, qu'il était homme d'affaires, qu'il s'agissait d'un citoyen de cette envergure.» Je suis «une victime», juge-t-il.

Ses quatre appels au «rambo», la veille et l'avant-veille du meurtre? Il s'en rappelle mal. «Ca devait être important. Mais le 24 et le 25 novembre n'ont rien à voir avec le 26.» P., le meurtrier présumé se dit innocent, au contraire des deux femmes issues de la bourgeoisie vaudoise. Ils seront entendus dès mardi matin par le tribunal criminel.

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