01.04.2020 à 15:27

Climat

Il est urgent d'agir, mais les intentions suivent peu

S'il y a bien une prise de conscience des effets des activités humaines sur le réchauffement climatique, pour une bonne partie des Suisses, la volonté de réduire leur impact sur l'environnement serait faible voire absente.

Globalement, la proportion de répondants déclarant vouloir réduire leur empreinte carbone s'élève à 33%. Ainsi, il ressort que les personnes qui envisagent un changement de leur consommation d'énergie sont relativement peu nombreuses. (Source: https://www.socialchangeswitzerland.ch/?p=1953)

Globalement, la proportion de répondants déclarant vouloir réduire leur empreinte carbone s'élève à 33%. Ainsi, il ressort que les personnes qui envisagent un changement de leur consommation d'énergie sont relativement peu nombreuses. (Source: https://www.socialchangeswitzerland.ch/?p=1953)

Alors que la consommation d'énergies fossiles augmente et que la prise de conscience du réchauffement climatique progresse, les intentions des ménages de réduire leur propre consommation suivent peu. C'est ce qu'indique une étude publiée par la revue «Social Change in Switzerland».

Dans cette étude menée auprès de 5000 ménages, les chercheurs Mehdi Farsi, Laurent Ott et Sylvain Weber de l'Université de Neuchâtel analysent les enquêtes annuelles sur la demande d'énergie 2016-2019. Ils montrent que seuls 25% des répondants se déclarent favorables à une réduction de l'utilisation de leur voiture alors que 33% déclarent vouloir réduire leur empreinte carbone.

Les femmes, les jeunes et les habitants des villes sont globalement plus disposés à réduire leur empreinte carbone ainsi que leur consommation d'énergie à travers une utilisation moindre de la voiture, du chauffage et de l'électricité. Les jeunes femmes soutiennent également davantage la grève du climat, indique un communiqué publié mardi.

Connaissance ne rime pas avec intention

De ces enquêtes ressort également que les hommes et les personnes âgées de plus de 55 ans ont une meilleure compréhension de l'énergie et de son impact climatique. Mais un bon niveau de connaissances ne s'accompagne pas d'intentions plus favorables quant à une réduction de la consommation énergétique.

En effet, les groupes de personnes avec de meilleures connaissances en matière énergétique semblent moins disposés à modifier leurs comportements. Informer la population n'est donc pas suffisant pour réduire la consommation d'énergie.

Une taxe CO2 mal comprise

En interrogeant les individus sur la taxe CO2, l'enquête montre que celle-ci est souvent mal comprise voire même ignorée. Alors que la taxe CO2 s'élève à plus de 25% du prix du combustible (mazout et gaz), une minorité importante des répondants ne se rend pas compte qu'ils la paient.

Or, si de larges pans de la population ignorent une taxe, il est inutile de s'attendre à ce que celle-ci puisse modifier leur comportement au niveau de l'utilisation énergétique. Néanmoins, les trois chercheurs mettent en lumière que les Suisses, à l'exception des jeunes vivant en zone rurale, soutiendraient cette taxe lors d'une votation populaire.

La série Social Change in Switzerland documente l'évolution de la structure sociale en Suisse. Elle est éditée par le Centre de compétences suisse en sciences sociales FORS, basé à l'Université de Lausanne, et le Pôle de recherche national LIVES - Surmonter la vulnérabilité: perspective du parcours de vie. (ats)

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