Saint-Maurice (VS) - Il fait de son jardin un havre de paix pour hérissons
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Saint-Maurice (VS)Il fait de son jardin un havre de paix pour hérissons

Le nombre de hérissons tend à baisser dans notre pays. Un trentenaire de Saint-Maurice veut enrayer la spirale. Il a créé un lieu dédié à ces mammifères insectivores.

par
Fabrice Zwahlen
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Les hérissons bénéficient de plusieurs mini-cabanes afin de passer le plus clair de leurs journées.

Les hérissons bénéficient de plusieurs mini-cabanes afin de passer le plus clair de leurs journées.

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Ce hérisson n’est plus suffisamment en forme pour retrouver la nature. Il n’en pourra pas moins vivre encore des jours heureux.

Ce hérisson n’est plus suffisamment en forme pour retrouver la nature. Il n’en pourra pas moins vivre encore des jours heureux.

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Avec son association, héris-san, Guillaume Barman n’hésite pas à se muer en soignant pour soulager «ses boules de poils préférées»

Avec son association, héris-san, Guillaume Barman n’hésite pas à se muer en soignant pour soulager «ses boules de poils préférées»

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«Cette démarche, c’est ma façon de soutenir la cause animale.» Propriétaire d’une villa à Saint-Maurice, Guillaume Barman a choisi d’aménager son jardin d’une manière plutôt originale. La surface, d’environ 300 m2, est réservée… aux hérissons.

Le Bas-Valaisan a investi 15 000 francs – une somme couverte à 20% par la vente de différents objets de sa création – pour aménager un bout de sa parcelle en sanctuaire. Attention, il ne s’agit pas d’un grand carré formé de sépultures. Il faut davantage comprendre le mot «sanctuaire» comme un lieu de recueillement où la vie s’écoule paisiblement. «Ce grand jardin permet aux hérissons qui ne sont plus aptes à s’adapter à la vie extérieure, de vivre dans un enclos sécurisé et à s’y reproduire», résume-t-il. Afin de rendre le lieu agréable, Guillaume Barman a planté des arbustes et installé plusieurs mini-cabanes. «Prochainement, je créerai un biotope sec et développerai les aspects faune et la flore», ajoute-t-il. Le Valaisan propose aux classes intéressées de venir découvrir son enclos pas comme les autres.

Guillaume Barman a déjà recueilli une cinquantaine de ces mammifères: «Vingt sont décédés, dix ont été soignés et remis en liberté et les autres se trouvent dans mon parc.» En moyenne, les femelles mettent bas quatre à sept jeunes, dont seulement un ou deux parviendront à vivre au moins un an. Le taux de mortalité est donc élevé pour un animal dont l’espérance de vie est de trois-quatre ans.

Une population qui s’effrite

Si, en Valais, une soixantaine de familles d’accueil s’occupent de nourrir ces attachantes petites bêtes, le canton compte également une petite dizaine de centres de soins, dont celui de Guillaume Barman. Ces lieux sont utilisés pour administrer des antidouleurs ou des antibiotiques et/ou pour nettoyer et désinfecter des plaies. Le collectif «Sauve qui pique», dont il est membre, lui rembourse les frais vétérinaires.

«Sauve qui pique» est l’une des associations valaisannes qui s’occupe de sauvegarder les hérissons, dans le canton. Une population qui tend à baisser au fil des ans. Afin de lutter contre cette réalité, Guillaume Barman a créé un parc pour les hérissons blessés.

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À terme, les quatre associations valaisannes de défense du hérisson aimeraient bénéficier de soutiens du Canton, soit sous forme de coups de pouce financiers, soit d’aides pour dénicher des lieux propices au repeuplement de l’espèce.

Une espèce protégée

En Suisse, il est interdit de posséder un hérisson, sauf pour les soigner. Celui-ci fait partie de la liste des animaux protégés. Ces dernières années, sa population tend à se réduire. En cause: la dangerosité des routes, les fauchages des champs, les traitements des vignes ou encore la sécheresse et les attaques d’insectes.

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