Genève: Il fait un don à la Ville, ses collègues n'en veulent pas
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GenèveIl fait un don à la Ville, ses collègues n'en veulent pas

Guillaume Barazzone souhaitait faire un geste pour compenser son double mandat. Sandrine Salerno ne l'entend pas ainsi.

par
Raphaël Leroy
L'élu a finalement décidé de reverser cette somme à des œuvres caritatives locales.

L'élu a finalement décidé de reverser cette somme à des œuvres caritatives locales.

Trente mille francs par an. C'est le montant dont la Ville de Genève a accepté de se priver en fin d'année dernière. Il provient du double mandat de Guillaume Barazzone, membre de l'Exécutif municipal et du Conseil national. Deux casquettes qui irritent ses collègues. L'affaire débute en novembre quand l'élu municipal accepte de siéger à Berne à la place de Luc Barthassat. Barazzone y voit l'occasion d'y faire valoir les intérêts de la Ville. Mais la décision fâche. Au PLR, on estime qu'il serait dommage «de courir trop de lièvres à la fois et de revenir bredouille». Pour éteindre l'incendie, l'élu promet de donner ses indemnités fédérales à la Municipalité.

L'édile en informe sa collègue Sandrine Salerno. Mais dans un courrier, la maire lui fait part de son refus. Une décision entérinée peu après par le reste du collège. «M. Barrazzone n'a pas été désigné par la Ville, explique-t-elle. Il risque de défendre des positions contraires aux intérêts de la Ville. Accepter cet argent, ce serait accepter ce double mandat.» Une position qui surprend l'intéressé. «Ma décision de reverser ces indemnités à la Ville n'a rien à voir avec mes positions politiques. C'est grotesque!» lâche-t-il.

Résultat: l'élu a décidé de reverser cette somme à des œuvres caritatives locales. C'est ce qu'il a fait en 2013. Aux dernières nouvelles, elles ne s'en plaignent pas.

Une petite «Genferei»

«C’est un peu fort de café. Le municipal lausannois PLR Olivier Français reverse aussi une partie de ses revenus bernois à sa ville et cela lui a même été imposé par ses collègues.» A n’en pas douter, Guillaume Barazzone est victime d’une «Genferei». Car la pratique du don est effectivement répandue au-delà de la Versoix. En Valais, le magistrat Oskar Freysinger est lui aussi tancé sur son double mandat. Parce qu’il a donné ses indemnités fédérales? Non! Parce que justement il rechigne à le faire...

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