Actualisé 09.12.2018 à 14:31

Conflit de voisinage impliquant un ministre

«Il faudra me tuer pour que je parte»

Le conflit de voisinage qui préoccupe la justice jurassienne implique un membre du gouvernement. Décriée, une locataire de 19 ans contre-attaque.

de
Vincent Donzé
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La maison se situe dans un beau quartier de Delémont.

La maison se situe dans un beau quartier de Delémont.

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Elle appartient en copropriété à la mère de Cédric (26 ans), le compagnon d?Émilie (19 ans).

Elle appartient en copropriété à la mère de Cédric (26 ans), le compagnon d?Émilie (19 ans).

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La locataire décriée a placardé sa façon de penser sur un carton, côté trottoir: «Votre expulsion, vous pouvez vous la mettre où je pense.»

La locataire décriée a placardé sa façon de penser sur un carton, côté trottoir: «Votre expulsion, vous pouvez vous la mettre où je pense.»

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Neuf voisins qui demandent l'expulsion d'un couple de locataires avec parmi eux, le ministre jurassien Martial Courtet (PDC), en charge de la Formation, de la Culture et des Sports: la justice civile a tranché dans un conflit présenté le 5 mars dernier déjà par «Le Matin» et «20 Minutes».

Bruit, odeur, cris, insultes, menaces et déprédations: la situation est si grave que certains voisins ont envisagé de déménager. Leur enfer décrit lors d'une récente audience dure depuis 18 mois. Mais cette semaine, lors d'une visite matinale, rien de répugnant n'était à signaler.

Madame aussi

Il y aurait les chiens qui hurlent, mais pas seulement: «Madame aussi», ont précisé plusieurs témoins. Les portes claquent, les insultes fusent, mais au coeur du conflit, il est surtout question de pneus crevés et de boulons dévissés. Pour accéder à leurs deux garages, le ministre et son épouse avocate utilisent un droit de passage sur la parcelle maudite.

Prenant connaissance de la demande d'expulsion formulée par ses voisins, la locataire décriée a placardé sa façon de penser sur un carton, côté trottoir: «Votre expulsion, vous pouvez vous la mettre où je pense.»

«Me tuer»

«Il faudra me tuer pour que je parte», a encore prévenu Émilie, qui paraissait davantage désespérée sur ses messages postés sur Facebook.

La maison qu'elle occupe dans un beau quartier de Delémont appartient en copropriété à la mère de Cédric (26 ans), le compagnon d?Émilie (19 ans). Las! L'expulsion a été formulée vendredi: «Je vous envoie la dédite de votre appartement et vous en expulse», se sont vus signifier les locataires.

Rendu furieux

Réaction du couple: «Les Courtet n'ont pas encore gagné!». Rendu furieux par une expulsion signifiée en hiver, le papa d'Émilie affiche la couleur: «Ils vont le payer très cher! Le fauve que je suis va montrer toute sa puissance.»

Le papa s'est confié avant même l'ordre d'expulsion: «Je défends ma fille et rien ne me fait peur!». Selon lui, les accusations portées sont mensongères: «Enlever les cinq boulons d'une roue, c'est tout simplement impossible!», déclare ce mécanicien pour qui ce conflit de voisinage tient plus de la lutte des classes.

Protection de l'enfance

Envoyer la protection de l'enfance chez sa fille est une démarche qui a heurté son âme de grand-père: «Tout a été entrepris pour dénigrer Émilie. Et quand nous voulons porter plainte, la police et la justice refusent de l'enregistrer. Mais je me battrai pour la laver de ces accusations».

Le papa affirme aussi avoir tenté d'apaiser le conflit autour d'une grillade, sans avoir reçu d'accusé de réception. «La justice nous a interdit de leur parler et de leur écrire», précise ce citoyen bernois.

Selon ses dires

Comment en est-on arrivé là? L'autre jour, une retraitée lui a gentiment dit bonjour en passant devant chez elle. Une exception dans le quartier: «Vas te faire foutre» ou «dégage de là», s'entend dire Émilie, selon ses dires.

Pourquoi tant de haine?« Par jalousie? J'ai 19 ans, j'aime faire la fête et j'ai un enfant de deux ans, fruit d'une relation fougueuse», suggère Émilie. Son constat: «Mes voisins m'ont regardé autrement après la naissance de ma fille».

Avant une décision de justice rendue le 28 novembre dernier, les plaignants se sont exprimés. C'est maintenant le tour du couple supposé «infernal». «Devinez qui se cache derrière l'offre d'achat à un million formulée pour notre maison après la décision de justice?», interpelle Émilie, en désignant son voisin et son épouse, Me Maëlle Courtet-Willemin, qui pourrait y loger un cabinet d'avocat.

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