Actualisé 20.04.2006 à 14:26

Il faudra prendre un ticket pour aller au Grutli

Les citoyens qui veulent assister à la Fête nationale sur la prairie du Grutli devront se munir d'un billet. Ils seront gratuits mais leur nombre sera limité à 2300.

La police mettra en place un système de contrôle au bord du lac des Quatre-Cantons le jour du 1er Août afin d'éviter que des extrémistes de droite ne perturbent les célébrations, comme en 2005.

Jusqu'à l'an dernier, la Société suisse d'utilité publique (SSUP) n'avait pas jugé bon de limiter l'accès à la prairie mythique, où se serait déroulé un des actes fondateurs de la Confédération helvétique. Or, cette année-là, le discours du président de la Confédération avait été perturbé par plusieurs centaines d'extrémistes de droite, qui avaient scandé des slogans xénophobes et hostiles à l'Union européenne (UE).

C'était du «terrorisme verbal», a expliqué à Lucerne la présidente de la commission du Grutli, Judith Stamm. Elle estime que l'on a eu beaucoup de chance que la situation ne se détériore encore plus.

La commission confirme aujourd'hui les mesures annoncées en janvier dernier et les concrétise: le nombre des spectateurs sera limité à 2300. Le directeur de la SSUP, Herbert Ammann, a précisé que les tickets seront distribué par ses soins, mais également par les cantons de Suisse centrale et la Confédération. Cela se fera dans le but de célébrer une Fête nationale digne et sans perturbations.

Formulaire à remplir

Les intéressés devront remplir un formulaire disponible au début juin et valable pour huit personnes au plus. Le formulaire devra être entièrement rempli et son signataire devra s'engager à respecter les dispositions en matière d'ordre sur la prairie. Les tickets distribués seront nominaux, à l'épreuve des falsifications et valables uniquement avec une pièce d'identité.

Les organisateurs ont également prévu des mesures de sécurité renforcées, a relevé le coordinateur Beat Hensler. La police sera présente à des postes précis pour le contrôle des tickets. Elle surveillera également les autres lieux stratégiques que sont Lucerne et Brunnen, par exemple. Il s'agit avant tout d'éviter des affrontements entre extrémistes de droite et de gauche. Les polices de Suisse centrale assureront la coordination des forces engagées avec le soutien de policiers venus de toute la Suisse, a ajouté Beat Hensler.

Interrogé par la radio alémanique DRS, Hans Stutz, spécialiste de l'extrémisme de droite, a observé que les extrémistes de droite vont certainement réfléchir à une solution pour se rendre malgré tout au Grutli. Si la police veut les en empêcher, des violences pourraient éclater. Mais il est également possible que les extrémistes se rabattent sur d'autres sites historiques, comme ceux des batailles de Morgarten et de Sempach. (ap)

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