«Il faut être fort dans sa tête pour l'être dans son corps»

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«Il faut être fort dans sa tête pour l'être dans son corps»

Salle comble hier soir au Musée olympique pour écouter de grands athlètes parler de leurs performances... morales.

«C'est uniquement dans la difficulté qu'on peut se forger un moral de vainqueur», témoigne avec détermination Hassiba Boulmerka. Les obstacles n'ont pas manqué dans la vie de la farouche Algérienne. L'apogée de sa carrière coïncide en effet avec la montée fulgurante de l'intégrisme.

Menacée de mort après sa médaille d'or sur 1500 m aux Jeux de Barcelone en 1992, elle doit se réfugier à l'étranger. Aujourd'hui âgée de 39 ans, elle avoue qu'il fallait avoir «un caractère de chien pour s'imposer». Et devenir, du même coup, un modèle pour les femmes musulmanes.

Cette détermination, qui aide à vaincre les doutes, a aussi joué un rôle capital dans la vie de Stève Ravussin. Surtout lorsqu'il a chaviré lors de la dernière Route du Rhum. Mais pour le rescapé vaudois, «la force morale, c'est comme le sommeil: on ne peut pas la travailler. Seul le sport extrême permet parfois de la sonder.» Un avis que partage le puissant Pascal Gentil. Le double médaillé olympique français de taekwondo ajoute: «L'intelligence, c'est de comprendre qu'on ne peut rien faire sans les autres.» Psychologues, préparateurs, entraîneurs et familles aident souvent les athlètes à se forger un moral d'acier. Un appui dont se passe avec aisance le jeune golfeur lausannois Marc Dobias. «Je n'ai jamais travaillé mon mental. J'essaie de faire les choses le plus naturellement possible.»

Giancarlo Mariani

Animé par Jean-Philippe Rapp, le débat «La force du mental» sera diffusé sur la TSR, le 20 décembre à 20 h.

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