Lyna Khoudri: Il faut faire confiance à son instinct

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Lyna Khoudri«Il faut faire confiance à son instinct»

L’actrice franco-algérienne Lyna Khoudri, à l’affiche du film «Novembre», tente chaque jour de trouver un équilibre entre ses deux cultures.

par
Henry Arnaud
Lyna Khoudri, 30 ans, s’est fait connaître grâce au film «Les Bienheureux».

Lyna Khoudri, 30 ans, s’est fait connaître grâce au film «Les Bienheureux».

imago images/PanoramiC

Née à Alger avant de suivre ses parents pour s'installer en France, Lyna Khoudri incarne avec brillance et justesse Samia, qui a aidé la police à retrouver la trace d’un terroriste après les attentats du 13 novembre 2015. «Novembre», de Cédric Jimenez, sort au cinéma le 5 octobre 2022.

Est-ce complexe d’approcher un rôle comme celui de Samia?

Le contexte du film, qui retrace les jours qui ont suivi les attentats de Paris, est une chose. Moi, j’avais surtout besoin de comprendre qui était Samia avant ces attaques. Je n’ai pas eu la possibilité de la rencontrer, mais on m’a dit qu’elle était très impliquée dans le milieu associatif en banlieue parisienne. Elle faisait des maraudes, était très généreuse, peut-être même un peu trop. J’ai tout de suite pu m’identifier à cela parce que je peux comprendre qu’on puisse tout donner pour les gens qu’on aime, quitte à se faire du mal à soi-même.

En quoi lui ressemblez-vous?

J’ai réussi à connecter cela à une partie de ma vie lorsque j’étais étudiante et que je travaillais aussi dans le milieu associatif, dans des maisons pour jeunes. J’ai été animatrice dans des colonies de vacances, surveillante dans des collèges et tout cela en banlieue parisienne dans une ville collée à celle de mon personnage dans «Novembre».

Vous êtes franco-algérienne. Quel conseil donneriez-vous aux jeunes pour trouver leur équilibre entre ces deux cultures dans leur quotidien?

Moi-même je suis encore dans ce questionnement. J’essaie de vivre avec ma double culture le plus sainement possible. Le seul conseil que je peux donner, c’est qu’il faut faire confiance à son instinct et écouter ce qu'il y a au plus profond de soi. C'est un chemin que chacun de nous doit faire personnellement.

On vous a découverte en 2017 dans le film «Les Bienheureux». Avez-vous eu le temps de réaliser le chemin parcouru?

Pour le public, cela fait cinq ans, mais cela faisait des années que je bossais pour être actrice. Il y a une part de chance qui est indéniable, mais j’ai aussi eu l’opportunité de rencontrer des gens qui ont cru en moi, que cela soit des agents, des réalisateurs ou des scénaristes.

Êtes-vous consciente qu’il y a certainement des milliers de filles de votre génération qui rêvent de percer dans le showbiz sans y arriver?

Évidemment et je sais à quel point cela peut paraître injuste. J'ai fait des écoles d’art dramatique dans lesquelles j’ai connu des acteurs extraordinaires dont certains bossent aujourd’hui, mais peut-être pas autant ou comme ils le voudraient. C’est le destin, la chance, les rencontres... C’est un vrai cadeau.

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