Berne: «Il faut imposer les panneaux solaires sur les toits existants»

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Berne«Il faut imposer les panneaux solaires sur les toits existants»

Le Parlement a donné son feu vert mercredi à la loi urgente qui doit booster l’énergie solaire. Mais elle a quand même été édulcorée de tous côtés.

par
Eric Felley
Delphine Klopfenstein Broggini (V/GE) s’est beaucoup impliquée pour faire avancer le contre-projet à l’initiative pour les glaciers.

Delphine Klopfenstein Broggini (V/GE) s’est beaucoup impliquée pour faire avancer le contre-projet à l’initiative pour les glaciers.

lematin.ch

«Si on facilite les procédures ou si on rend simplement obligatoire la pose de panneaux solaires sur les toits existants, c’est un pas de géant qu’on peut faire dans la minute pour produire de l’électricité». La verte genevoise Delphine Klopfenstein Broggini (V/GE), membre de la Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil national, fait partie des parlementaires qui plaident à Berne pour un rattrapage rapide de la Suisse dans le domaine de l’énergie solaire. Cette question a été au centre des débats durant cette session d’automne.

Sur fond de pénuries d’électricité, la surprise est venue du Conseil des États, qui a lancé une loi urgente, qualifiée «d’offensive solaire», dans le cadre du contre-projet indirect à l’initiative des glaciers. Pour Delphine Klopfenstein Broggini: «Le projet qui est sorti du Conseil des États a d’ailleurs été initié par Liza Mazzone (V/GE). Le fait qu’il y ait eu une majorité dans cette chambre est évidemment un signal fort. Cependant, la commission du Conseil national a beaucoup édulcoré ce projet et je le regrette beaucoup».

Seulement pour les gros bâtiments

Dans son projet, le Conseil des États avait pris une décision drastique: tous les nouveaux bâtiments devront être munis d’une installation solaire, que ce soit sur les toits ou les façades. Mais au Conseil national cette proposition n’est pas passée en raison des atteintes à la propriété privée qu’elle pouvait engendrer. «On a fait des annonces d’offensives solaires, note Delphine Klopfenstein Broggini, mais dans les faits, cette obligation ne concerne plus que les bâtiments qui font 300 m² de surface au sol. Ce ne sont pas les villas ou les immeubles qui seront concernés, mais des grandes fermes ou des bâtiments dans des zones industrielles. C’est important, mais c’est en deçà de ce qu’on avait espéré avec la proposition de Lisa Mazzone».

Le solaire alpin, oui mais…

Le Conseil des États avait également voté une disposition permettant d’installer des panneaux photovoltaïques en plein air, en contournant les études environnementales, pour les projets de Gondo et Grengiols dans le Haut-Valais. Le Conseil national a aussi retouché le texte: «Cette loi ouvre le champ du possible pour le solaire alpin, précise l’écologiste genevoise. Ces projets prendront un certain temps à voir le jour et ils devront tenir compte des études environnementales. Heureusement que le Conseil national a corrigé cet aspect du projet des États. Mais ce qu’on devrait faire de toute urgence, c’est imposer les panneaux solaires sur les toits existants, et ensuite se poser la question, dans un deuxième temps, de développer des projets dans des zones préservées et naturelles».

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