Actualisé 25.07.2008 à 16:07

«Il faut maintenant une femme à la tête de l'armée!»

Les femmes socialistes suisses ne sont pas contentes de la culture de commandement qui règne au sein de l'armée suisse et elles le font savoir.

Elles trouvent inconcevable qu'une personne capable de harceler son ex-amie et de passer des petites annonces à caractère sexuel en son nom ait pu se retrouver à la tête d'un organisme dont le but premier est d'assurer la sécurité de la population.

Pour les sociales-démocrates une chose est claire: rien de tout ceci ne serait arrivé si le chef de l'armée avait été une femme. Quelques heures avant l'annonce de la démission de Roland Nef, elles avaient publié un communiqué allant dans ce sens, intitulé: «Les femmes socialistes suisses veulent une cheffe à la tête de l'armée».

Une revendication que Julia Gerber Ruëgg, co-présidente des femmes socialistes, a confirmée à «20 minutes online». Sans pour autant pouvoir avancer de propositions concrètes en ce qui concerne une candidate apte à remplacer M.Nef. «Nous sommes surprises par le retrait de Roland Nef», explique Mme Gerber Ruëgg. «Mais à vrai dire, nous ne nous étions pas encore mises à faire des démarches personnalisées», poursuit Mme Gerber Ruëgg.

De toute manière, l'idée des femmes socialistes n'était pas tant de trouver une potentielle cheffe de l'armée, mais bien plutôt de faire bouger les choses en matière de culture de commandement au sein de l'armée suisse. Une armée qui «est passée complètement à côté des changements sociétaux de ces 50 dernières années, qui ont conduit à l'égalité de l'homme et de la femme», précise Mme Gerber Ruëgg.

Pas de femme dans la haute hiérarchie militaire

Le souhait des sociales-démocrates ne pourra quoi qu'il en soit pas se réaliser à court terme: parmi les 55 officiers généraux de l'armée suisse ne figure à l'heure actuelle aucune femme. Les quatre commandants de corps, 19 divisionnaires et 32 brigadiers sont tous des hommes. Il y a certes des femmes colonels, dont quatre font partie de l'état-major général, selon le site internet du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS). Mais ce ne sont pas des grades suffisants pour accéder à la fonction suprême.

L'armée suisse compte 100.000 membres, dont 20.000 sous-officiers et 6000 officiers, mais seulement 1000 femmes.

Aurel Stevens avec l'ats / mam

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