Genève: Il faut mieux trier pour éviter la taxe poubelle

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GenèveIl faut mieux trier pour éviter la taxe poubelle

D'ici 2017, 100'000 ménages recevront du matériel pour séparer leurs déchets organiques des autres ordures. Objectif: atteindre un taux général de tri de 50%.

par
David Ramseyer
De gauche à droite:  Guillaume Barazzone, conseiller administratif de la Ville de Genève - Luc Barthassat, conseiller d'Etat - Marc Kilcher, conseiller administratif de Thônex - Cyril Huguenin, maire de Bernex.

De gauche à droite: Guillaume Barazzone, conseiller administratif de la Ville de Genève - Luc Barthassat, conseiller d'Etat - Marc Kilcher, conseiller administratif de Thônex - Cyril Huguenin, maire de Bernex.

photo: dra

«C'est le dernier rempart avant une taxe poubelle, que nous ne voulons pas», martèle le conseiller d'Etat chargé de l'environnement Luc Barthassat. Dès le 12 septembre prochain et pendant plusieurs mois, Canton et communes vont fournir gratuitement à 100'000 ménages un bac aéré - les «p'tites poubelles vertes» comme les nomme la campagne de sensibilisation qui débutera en parallèle - ainsi que 25 sacs compostables destinés aux déchets organiques.

Objectif de la démarche: faire passer le taux général de tri des déchets au bout du lac de 46% fin 2015 à 50% courant 2017. «Il y a un vrai potentiel à exploiter», selon le conseiller administratif de la Ville de Genève Guillaume Barazzone. Pour atteindre ce but, le seul canton à ne pas avoir de taxe poubelle préfère donc «responsabiliser les gens plutôt que faire pression sur leur porte-monnaie», dixit Luc Barthassat.

Concrètement, des personnes feront du porte-à-porte dans les grandes communes pour offrir poubelles et sacs aux habitants. Dans les plus petites municipalités, le matériel sera distribué sur des stands. Une campagne d'information accompagnera l'opération devisée au total à un million de francs.

Dépôt des ordures à revoir

Des mesures devront être prises pour rendre le tri organique plus pratique, via la construction ou l'amélioration de containers spéciaux à proximité des immeubles. Les écopoints seront aussi optimisés, tout comme l'usine de compostage de Châtillon à Bernex. Enfin, de grands distributeurs (Migros, Coop, Manor et Aldi notamment) se sont engagés dès cet automne à retirer de leur assortiment les sacs en plastique pour déchets organiques - qui restent polluants - pour les remplacer par des sacs biodégradables, en appliquant une politique attractive des prix.

Aujourd'hui à Genève, seul un tiers des déchets organiques est recyclé. En augmentant ce taux, les autorités espèrent donc améliorer sensiblement le tri des ordures. Le maire de Bernex, Cyril Hugenin rappelle aussi que «le recyclage de ce type d'ordures coûte moins cher que leur incinération, tout en produisant du biogaz». L'argument économique interpelle aussi la Ville. Guillaume Barazzone: «Incinérer des déchets nous coûte plus de 11 millions de fr. chaque année. En évitant de brûler des déchets organiques, nous économiserons 1, 3 million par an.»

Protection de l'environnement, réduction des coûts et absence de taxe poubelle reposent cependant sur un impératif: «Tout le monde doit y mettre du sien insiste le conseiller administratif de Thônex Marc Kilcher. Les autorités, mais aussi les propriétaires d'immeubles, les commerçants et les citoyens.»

La "p'tite poubelle verte" fait des miracles

D'une contenance de 6 litres, le bac pour recueillir les déchets organiques est percé de trous et équipé d'un sac biodégradable. En laissant passer l'air, cela permet d'assécher les ordures de cuisine. De quoi (presque) éliminer la production de jus et de mauvaises odeurs. Le sac biodégradable a aussi un autre avantage. Alors que les actuels sachets pour déchets organiques produisent des fragments de plastique qui se retrouvent dans le compost, ce n'est pas le cas du nouveau matériel qui garantit ainsi une qualité optimale du compostage.

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