Brigitte Boréale: «Il faut pouvoir continuer à rire de tout»
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Brigitte Boréale«Il faut pouvoir continuer à rire de tout»

La première journaliste transgenre en France a intégré le nouveau «Grand Journal» sur Canal +.

par
Marion Chevrier/L'essentiel

Originaire de Thionville (F), journaliste de presse nationale et grand fan du FC Metz, Philippe a un jour décidé d'exercer son métier mais dans la peau de Brigitte.

Comment êtes-vous arrivée au «Grand Journal»?

J'avais déjà croisé Victor Robert (ndlr: présentateur et rédacteur en chef de l'émission) après mes années Pink TV (2003-2006) pour un projet qui n'avait finalement pas abouti. On avait bien accroché et il ne m'a pas oublié. Fin juin, il a pensé à moi pour intégrer l'équipe.

Parce que vous étiez atypique?

Oui mais pas forcément dans le sens que l'on croit (sourires). Il voulait travailler avec moi parce que j'étais une bonne journaliste, que ma façon d'aborder les choses le touchait. Et même sans talons, il m'aurait prise.

Un peu aussi parce que vous étiez transgenre ?

Bien sûr, je ne me voile pas la face mais cela ne me dérange pas. Cela permet de braquer les projecteurs sur un milieu qui peine à sortir des clichés dévalorisants trop souvent uniquement associés à la perversion, à la prostitution. Le but c'est aussi de montrer qu'on peut être transgenre et journaliste, photographe ou boulangère!

Quand avez-vous décidé de donner plus d'importance à Brigitte qu'à Philippe?

En 2003, quand j'ai décidé d'être chroniqueuse sur Pink TV. Cela a été un séisme pour beaucoup de monde parce que j'avais jusqu'ici mené ma vie professionnelle en tant que Philippe. Mais je ne regrette rien du tout. Thierry Ardisson m'a dit un jour: «C'est cool d'avoir deux personnalités, une double vie, comme les agents secrets». Je lui ai répondu que finalement je ne vivais «qu'à demi». Aujourd'hui, je suis très heureuse d'être Brigitte la quasi-totalité du temps.

Les réseaux sociaux se sont enflammés dès le premier jour dénonçant une blague jugée transphobe de la nouvelle Miss Météo, comment l'avez-vous vécu?

C'était une vanne! Elle dit «Bonjour Monsieur-Dame» avant de me proposer un plan à trois. Cela m'a fait marrer! Il faut rentrer dans le jeu parce que si on reste dans une posture, on ne fait pas progresser les choses. C'était une blague. Comme quand on parle des blondes au volant, des Juifs ou des Blacks. Il faut pouvoir continuer à rire de tout.

Quel est pour vous le graal à atteindre à la télévision?

Le rêve pour moi serait d'avoir une émission hebdomadaire de 13-20 minutes où on pourrait aborder le thème de la transformation mais au sens large. Ce qui m'intéresse, c'est de dévoiler la face cachée des gens et des choses.

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