30.08.2020 à 18:16

SuisseIl faut «taxer davantage les gagnants de la crise»

Certaines entreprises «ont gagné plus que jamais pendant la crise», a déclaré Jan-Egbert Sturm, patron du KOF, qui propose dès lors une redistribution.

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ats/jbm
Le directeur du KOF, Jan-Egbert Sturm.

Le directeur du KOF, Jan-Egbert Sturm.

Keystone

«Toutes les entreprises ne se portent pas mal, a déclaré Jan-Egbert Sturm hier dans le «SonntagsBlick». Ce chercheur est responsable du Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ (KOF). Il dirige également le groupe d’experts en économie de la task force nationale Covid-19. Certaines firmes «ont gagné plus que jamais pendant la crise», par exemple certaines épiceries, boutiques en ligne et des laboratoires pharmaceutiques, relève-t-il.

Or c’est en grande partie le hasard qui a décidé quelles sociétés allaient s’en sortir, contrairement à la crise financière, où la politique, les banques et l’économie elles-mêmes ont commis des erreurs. D’autres secteurs — le sport, la culture, les voyages, la restauration — ont connu des difficultés financières sans que cela ne leur soit imputable. «Par conséquent, une redistribution serait justifiée», a plaidé l’économiste.

Une idée qui date de la guerre mondiale

L’idée n’est pas nouvelle. Une situation similaire s’est déjà produite deux fois en Suisse, mais il y a longtemps. Pour couvrir les frais de mobilisation, la Confédération avait prélevé un impôt sur les bénéfices de guerre pendant les deux guerres mondiales.

Les bénéfices imposables étaient définis comme le montant qui dépassait le revenu net des années d’avant-guerre. Le mode de calcul proposé par Jan-Egbert Sturm serait semblable à celui appliqué lors des deux guerres mondiales. 

Seniors menacés

Autre secteur touché par la crise, celui de l’emploi des seniors. Si les employés âgés ont jusqu’à maintenant assez bien surmonté la crise liée à la pandémie de Covid-19, leur situation pourrait changer dans les mois à venir, explique Michael Siegenthaler, expert du marché du travail au KOF, toujours au «SonntagsBlick».

Le spécialiste établit un parallèle avec la crise financière de 2008. Dans les premiers mois qui ont suivi son éclatement, ce sont surtout les jeunes qui ont perdu leur emploi.

La deuxième vague de licenciements avait en revanche touché les salariés les plus âgés. Selon M. Siegenthaler, le chômage de longue durée pourrait représenter dans l’année à venir un tiers de l’ensemble des chômeurs.

En janvier, il n’était que de 12%. Un autre expert du marché du travail, George Sheldon, estime, lui, que cette proportion pourrait grimper à 40%.

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523 commentaires
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Mandragor

31.08.2020 à 16:02

Mieux vaut payer une infirmière, que de gaver un actionnaire! L'économie mondiale c'est organisée de tel manière que les marchés deviennent captifs de grands trusts, de dépôts de brevets, de licences, de droits quelconques et divers, usurpés, mais qui rapportent. Il y en a marre de ce système économique qui pressurise les salariés, alors qu'une élite touche des chèques exorbitants pour peu de labeur.

magdalena

31.08.2020 à 12:54

pour vivre il faut beaucoup travailler....pour devenir riche il faut faire autre chose !

Socialo McGauchiste

31.08.2020 à 09:56

TOUJOURS PLUS DE TAXES ! Il n'y en a jamais assez !