L'une des accusatrices d'Eric Zemmour balance
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France«Il fourre sa langue dans ma bouche. C’est inattendu, immonde»

L’une des sept femmes qui accusent Eric Zemmour d’agression sexuelle a témoigné jeudi soir dans «Complément d’enquête».

Les médias français n’en finissent plus de décortiquer «le phénomène Eric Zemmour», alors que le polémiste d’extrême droite n’est toujours pas officiellement candidat à l’élection présidentielle. Jeudi soir sur France 2, l’émission «Complément d’enquête» s’est penchée sur les accusations d’agressions sexuelles visant l’éditorialiste. En avril dernier, Mediapart avait en effet publié les témoignages de plusieurs femmes affirmant avoir été victimes du potentiel candidat.

À visage caché, par crainte d’être harcelée sur les réseaux sociaux, une personne a accepté de raconter ce qu’elle a vécu avec Eric Zemmour en 2005. À cette époque-là, Anne avait 26 ans et était fraîchement diplômée en journalisme et rêvait d’intégrer la rédaction du «Figaro». Elle a donc contacté le chroniqueur alors âgé de 46 ans, qui l’a invitée à prendre un café. «Dès les premières minutes, il a relevé ma mèche sur mon visage. Il m’a dit que j’avais de beaux yeux, un beau sourire. Moi, j’étais hyper troublée. Mal», a raconté la journaliste dans son journal intime.

La première rencontre entre Anne et Eric Zemmour s’est mal terminée pour la jeune femme: Constatant que son interlocuteur a payé l’addition, elle le remercie. Réponse du chroniqueur, selon Anne: «Ah, mais vous allez me remercier autrement.» La journaliste poursuit: «Et là, il me fourre sa langue dans la bouche. C’est inattendu, dégoûtant, immonde. On sort du café, et il recommence en me disant au revoir», témoigne-t-elle.

Assez rapidement, Eric Zemmour aurait recontacté Anne pour une rencontre «et plus si affinités». Devant le refus ferme de l’aspirante journaliste, l’éditorialiste aurait haussé le ton, lui faisant comprendre que «c’est comme ça que ça fonctionne dans le journalisme». Il aurait ensuite expliqué à son interlocutrice qu’elle n’arriverait pas à percer dans la profession si elle lui refusait «un petit passage dans son lit». Anne confie qu’à l’époque, le mouvement MeToo n’existait pas encore et qu’elle n’avait pas réalisé qu’il s’agissait d’une agression sexuelle.

Aucune des sept femmes ayant témoigné sur les agissements d’Eric Zemmour n’a porté plainte contre lui, et la plupart des faits seraient prescrits. Du côté du chroniqueur, on balaie ces accusations d’un revers de la main: «Pas de plainte, des affirmations… Comment voulez-vous répondre à cela? Ça fait partie des attaques obligées: le sexisme, le racisme, l’extrémisme… tout cela ne tient pas, dans un moment de campagne politique», affirme Me Olivier Pardo, l’avocat du potentiel candidat à la présidentielle française.

(joc)

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