Vaud: Il incitait des amateurs de BDSM à violer son ex
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VaudIl incitait des amateurs de BDSM à violer son ex

Pour se venger de son ancienne petite amie, un homme de 25 ans a tenté d'organiser son rapt et son agression sexuelle. Il encourt 42 mois de prison.

par
leo
L'accusé n'a pas supporté la rupture avec son ex.

L'accusé n'a pas supporté la rupture avec son ex.

photo: Keystone/AP/Thomas Kienzle

«C'est son fantasme. Si elle dit non et se débat, allez-y quand même.» Le message, laissé sur un site de BDSM (bondage-sadomaso), fait froid dans le dos. Son auteur, un jeune homme de 25 ans, a comparu devant la Cour correctionnelle de La Côte (VD), relate mercredi «La Côte». Il est accusé d'avoir voulu inciter des amateurs de BDSM à enlever et violer son ex-copine, qui avait rompu avec lui.

Ne digérant pas leur séparation, l'accusé avait, dans un premier temps, harcelé téléphoniquement son ancienne amie. Celle-ci avait déposé une plainte contre inconnu. L'enquête avait permis de remonter à son ex, ce qu'elle ne pouvait pas croire initialement, puisque, selon elle, le jeune homme est timide, introverti, gentil, serviable. Après s'être rendue à l'évidence, la jeune femme a décidé de rompre définitivement, tout en conservant quelques contacts par téléphone avec lui, pour lui remonter le moral. Mais, après quinze jours, elle a décidé de ne plus répondre à ses appels.

Faux policiers

Délaissé, le prévenu s'est connecté à un site de BDSM en usurpant l'identité de son ex. Il y a fait étalage de fantasmes qu'aurait la jeune femme: se faire violer, ligoter et maltraiter. Après avoir établi un lien de confiance avec les adeptes du site, le jeune homme, se présentant désormais comme le copain officiel de sa victime, a commandité son rapt et son agression sexuelle par des inconnus. Deux hommes se sont ainsi présentés à l'école où étudie la victime, en se faisant passer pour des policiers. Le directeur de l'établissement est intervenu, empêchant les deux hommes d'emmener l'étudiante. Une autre tentative au domicile de la victime a également échoué.

Au tribunal, l'accusé a indiqué que son seul but était de parler avec son ancienne petite-amie. Mais des SMS ne laissent planer aucun doute sur ses intentions: «C'est moi qui vous dirai ce que vous devez lui faire», avait-il notamment écrit. Selon l'expert psychiatre, le risque de récidive est très élevé. Malgré une enfance difficile, son jeune âge et le décès de son frère durant son incarcération, la procureure n'a pas trouvé beaucoup de circonstances atténuantes, d'autant que l'homme avait déjà été condamné pour utilisation abusive d'une installation téléphonique trois mois avant les faits. Elle a requis 42 mois de prison ferme, desquels seront déduits les 15 mois effectués à la prison du Bois-Mermet. Elle réclame également une amende de 500 francs, le règlement des frais de justice et un traitement psychiatrique de longue durée. Le jugement sera rendu lundi.

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