Actualisé 02.05.2017 à 09:00

Mort de Ueli Steck«Il m'a demandé de l'attendre pour descendre»

Les hommages du monde de l'alpinisme se multiplient depuis l'annonce du décès de l'alpiniste Bernois dans l'Himalaya, dimanche.

par
cga/ofu

Le célèbre alpiniste bernois Ueli Steck a perdu la vie dimanche matin dans un accident alors qu'il préparait l'ascension du Mont-Everest, dans le massif népalais de l'Himalaya. Il avait 40 ans. Depuis, les alpinistes rendent hommage à celui qui était surnommé la «machine suisse».

Melissa Arnot et Ueli Steck se connaissaient bien depuis plusieurs années. Leurs chemins se sont souvent croisés lors d'expéditions. L'Américaine raconte qu'elle aimait l'appeler «Tigre de l'Eiger», en référence à son record de l'ascension de la face nord de l'Eiger. Sur le site du magazine Outside, elle raconte qu'elle taquinait le quadragénaire en lui disant qu'il «allait plutôt vite pour un vieil homme». L'Américaine de 33 ans, elle-même alpiniste, était censée rencontrer le Suisse, dimanche au camp de base du Mont-Everest. Interrogée par «Outside», la trentenaire explique: «Nous nous étions écrit des SMS. Il m'avait encore demandé de l'attendre pour descendre aujourd'hui, dimanche.»

La sportive lui a aussi probablement sauvé la vie, en avril 2013. Ueli Steck et deux autres alpinistes avaient été attaqués par une centaine de sherpas en colère. Les locaux affirmaient avoir été dérangés dans leur travail, soit le remplacement de cordes de sécurité, par le Suisse et les hommes qui l'accompagnaient. Ils avaient commencé à leur lancer des pierres et les frapper lorsque Melissa Arnot s'était interposée entre les sherpas et les trois alpinistes. Travaillant depuis des années au Mont-Everest et étant la seule femme à avoir gravi autant de fois la montagne, l'Américaine connaît beaucoup de sherpas personnellement et avait pu calmer la situation. Interrogé par «Migros Magazine», Uelis Steck avait raconté: «J'ai eu beaucoup de chance que Melissa s'est interposée entre nous et les sherpas. Ils voulaient nous tuer.»

«Rien n'est certain. Les montagnes sont imprévisibles»

Une autre grimpeuse américaine Sasha DiGiulian, a aussi laissé un poste Facebook pour honorer la mémoire d'Ueli Steck. «Son endurance et sa force étaient inégalées, mais rien n'est certain. Les montagnes sont imprévisibles. Ueli a vécu sa vie à la limite. Chaque jour, tout peut arriver», a-t-elle écrit avec le hashtag #legendsneverdie (ndlr: les légendes ne meurent jamais).

L'alpiniste Ueli Steck meurt sur l'Himalaya

Les moments les plus marquants de l'alpiniste.

«Une constante source d'inspiration»

L'Espagnol Kilian Jornet spécialiste d'alpinisme, d'ultra-trail et de course en montagne lui a rendu hommage sur Facebook. Il le remercie notamment d'avoir été un «mentor et une constante source d'inspiration. Chaque escalade avec toi était un apprentissage qui me poussait à continuer à m'améliorer avec un amoureux de la montagne».

Le corps d'Ueli Steck arrive à Katmandou

01.05.2017 Le corps de l'alpiniste suisse, connu pour avoir dompté les sommets les plus vertigineux de la planète, et décédé dimanche matin sur l'Everest à 40 ans, a été porté à l'hôpital de Katmandou dans l'après-midi.

De nombreux autres alpinistes se remémorent les derniers moments passés avec Ueli Steck. Ainsi Alex Honnold se rappelle avoir «grimpé avec lui l'été dernier en Suisse». Même son de cloche du côté de son homologue Jonathan Siegrist qui avait aussi rencontré le Bernois l'an dernier dans les montagnes helvétiques. «J'ai été frappé par sa générosité, son enthousiasme et sa gentillesse. Il m'a inspiré. Outre son CV absolument légendaire, Ueli était un très bon être humain.»

La famille attendue sur place

Par ailleurs, on apprend dans l'«Himalaya Times» que la femme d'Ueli Steck, Nicole, est attendue au Népal lundi soir. Elle sera accompagnée d'un ami. les parents du grimpeur bernois arriveront à Katmandou le lendemain, selon le directeur général de la société Royal Orchid Treks and Expedition. Les proches doivent se réunir pour décider des derniers rites funéraires de l'alpiniste. Ce dernier sera enterré selon la tradition bouddhiste au monastère de Tengboche, dans la région de Khumbu.

(cga/ofu/20 minutes)

«On avait la même passion»

La sportive suisse, Evelyne Binsack, connaissait Ueli Steck depuis 20 ans. Interrogée par «20 Minuten», l'alpiniste explique avoir appris la triste nouvelle d'une amie, dimanche matin. «C'est une catastrophe, mais j'ai pu me calmer un peu», raconte l'Alémanique de 49 ans. «Je connaissait Ueli depuis longtemps. On avait la même passion: l'alpinisme et le goût de l'aventure. Notre amitié était marquée par un très grand respect l'un envers l'autre.»

A la question de savoir ce qui pousse une personne a constamment défier ses limites, Evelyne Binsack répond: «On ne peut pas vivre sans cette passion. C'est comme si on nous amputait l'âme. Et sans cette passion on ne peut pas réaliser de tels exploits.»

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