Actualisé 18.06.2020 à 09:51

France«Il m'a écarté les jambes et m'a touché partout»

Dans un rapport publié jeudi, l’ONG Human Rights Watch (HRW) montre du doigt la pratique dite du «contrôle au faciès» que subissent de jeunes Noirs et arabes de plusieurs cités de l’Hexagone .

Human Rights Watch (HRW) dénonce dans un rapport publié jeudi des «contrôles abusifs et racistes» de jeunes Noirs et arabes, souvent mineurs, par la police française, selon des témoignages récoltés par l'ONG.

Ce rapport de 44 pages sur la pratique dite du «contrôle au faciès» a été réalisé pendant plus d'un an auprès d'une centaine de jeune noirs et arabes de plusieurs villes de France et documente des contrôles policiers «sans fondement ciblant les minorités, y compris des enfants âgés de seulement dix ans, des adolescents et des adultes».

Selon l'ONG de défense des droits de l'Homme, ces contrôles comprennent souvent «une palpation corporelle intrusive et humiliante ainsi que la fouille des effets personnels».

Ainsi à Lille (nord de la France), Abdul 18 ans, raconte un contrôle par une patrouille de quatre policiers lui barrant la route alors qu'il se rendait à son entrainement de karaté.

«Un policier m'a poussé contre la voiture»

«Un agent a retourné mon sac sans prévenir et jeté toutes mes affaires au sol. J'avais vraiment la haine, je lui ai demandé : «Pourquoi tu fais ça?». Je me suis mis à quatre pattes pour ramasser mes affaires. Quand je me suis relevé, un policier m'a poussé contre la voiture, il m'a écarté les jambes et m'a touché partout», témoigne le jeune homme.

A Paris, Dabir, 15 ans déclare avoir été contrôlé avec sa bande de copains devant un supermarché, contrôle durant lequel les agents «ont touché les poches de tout le monde, sauf du (garçon) Blanc»...Ils ont vérifié si notre téléphone était volé ou non. Ils nous demandaient de l'allumer et de mettre le code. Ils nous ont demandé notre âge».

Pour Bénédicte Jeannerod, directrice France de Human Rights Watch, cette pratique est au coeur «de la fracture aigüe et profonde entre la police et la population, tout en n'ayant quasiment aucun effet en matière de prévention ou de détection de la criminalité».

HRW appelle le président Emmanuel Macron à réformer le cadre légal des contrôles policiers.

(AFPE)

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