Musées d'art et d'histoire: «Il n'est question ni de hache, ni de guillotine»
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Musées d'art et d'histoire«Il n'est question ni de hache, ni de guillotine»

Patrice Mugny est sorti de son silence mardi à l'occasion de la présentation à la presse du nouveau directeur des Musées d'art et d'histoire (MAH) de Genève.

Le magistrat a répondu aux critiques formulées à son encontre depuis le départ de Cäsar Menz.

Le directeur des MAH a démissionné le 7 mai, le jour-même de la publication d'un rapport d'audit ravageur sur l'institution. Le chef du département des affaires culturelles (DAC) de la Ville de Genève a commencé par justifier l'existence de cet audit, une mesure demandée en 2007 déjà par le personnel des musées alors qu'une motion pendante au Conseil municipal allait dans le même sens.

Egalement critiqué, le choix d'Eurologiques, la société mandatée pour faire cet audit. Son nom figurait sur une liste proposée par la section suisse de l'Association internationale des musées, s'est justifié M. Mugny. De plus, l'audit a coûté 80 000 francs et non 180 000 euros, comme écrit dans la presse. Et la publication du résumé d'audit a été voulue pour éviter tout reproche de censure.

Ni hache, ni guillotine

«Il n'est question ni de hache, ni de guillotine», a indiqué le conseiller administratif au sujet du départ de Cäsar Menz. Celui-ci avait demandé à partir en décembre 2008 déjà. Or il a participé à la sélection de son successeur. Mais une fois nommé, le nouveau directeur doit être clairement identifié, selon M. Mugny. Reste que M. Menz touche son salaire jusqu'au premier jour de sa retraite.

Autre critique: la crise aux MAH risque de mettre en péril le projet d'agrandissement. «Je comprends les inquiétudes des donateurs, mais il aurait été inimaginable de ne pas divulguer l'audit», a relevé le chef du DAC. Et d'affirmer que le plus grand donateur, à hauteur de 20 millions de francs au moins, est toujours partie prenante au projet de l'architecte Jean Nouvel.

M. Mugny a aussi réfuté le reproche de faire valser les têtes des grandes institutions culturelles genevoises, aujourd'hui aux MAH après le Musée d'ethnographie et le Grand Théâtre. Dans les deux derniers cas, le personnel ne voulait plus travailler avec la direction. «On n'allait pas s'en sortir en laissant pourrir la situation», a-t-il expliqué.

Encore un archéologue

Quant à Jean-Yves Marin, il s'agit du quatrième archéologue à diriger les MAH, s'est justifié M. Mugny. Son nom a été rendu public mercredi dernier, mais celui qui rependra les rênes des MAH le 1er octobre a souhaité se présenter lui-même à la presse mardi. «Le fait d'être dans la salle des armures n'est peut-être pas une coïncidence», a relevé ce Normand de 53 ans.

«Genève est une ville de légende» et «les collections des MAH sont considérables», a poursuivi l'actuel directeur du Musée de Normandie à Caen (F) quant aux raisons qui l'ont motivé à postuler aux MAH. Archéologue, chercheur, conservateur et enseignant, il s'intéresse en particulier à la déontologie et l'éthique professionnelle.

S'il s'est retenu de commenter la situation aux MAH - «épineuse, pour un Normand en tous cas» -, M. Marin a expliqué vouloir mener avec les conservateurs une réflexion sur une nouvelle présentation muséale, les éventuels liens entre les musées et leur place dans la cité. Et surtout, il entend poser les bases scientifiques d'un vrai projet d'établissement. Le tout dans un esprit de consensus.

(ats)

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