Crise en Ukraine: «Il n'y a pas de cessez-le-feu»
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Crise en Ukraine«Il n'y a pas de cessez-le-feu»

Les combats se poursuivaient samedi en Ukraine entre l'armée et les insurgés pro-russes au mépris d'un cessez-le-feu décrété unilatéralement par Kiev.

Le rejet des conditions de paix pour mettre fin à une insurrection dans l'Est, où les combats entre insurgés et l'armée ont fait au moins 375 morts, survient alors que les Etats-Unis ont accusé Moscou d'armer la rébellion et l'ont mis en garde contre tout envoi de troupes dans cette ex république soviétique.

Sanctions canadiennes

Samedi, le Canada a décidé de nouvelles sanctions économiques contre des responsables ukrainiens pro-russes et une société pétrolière de Crimée.

Venant après plusieurs mesures identiques au cours des derniers mois, ces sanctions portent à 43 Russes et 16 Ukrainiens pro-russes le nombre de personnes visées par des interdictions de déplacements par le Canada.

Poutine soutient le cessez-le-feu

Poutine semblait toutefois vouloir continuer à alimenter les tensions dans la pire crise entre l'Est et l'Ouest depuis la Guerre froide en annonçant samedi avoir placé les troupes du district militaire central du pays «en état d'alerte». La Russie avait plus tôt confirmé avoir renforcé ses troupes à la frontière avec l'Ukraine.

«Le plan de paix de M. Porochenko ne doit pas avoir un caractère d'ultimatum pour les insurgés. Le plan proposé, s'il n'est pas suivi d'effets concrets en vue de l'ouverture d'un dialogue, ne sera ni viable ni réaliste», a déclaré samedi l'homme fort du Kremlin.

Cet ordre unilatéral, entré en vigueur vendredi à 19H00 (GMT), doit permettre aux rebelles de déposer les armes et inaugurer un plan de paix ambitieux, portant notamment sur la mise en place d'une zone tampon le long de la frontière russo-ukrainienne.

Ce cessez-le-feu doit prendre fin le 27 juin. Le même jour, l'Ukraine doit signer le dernier volet d'un accord d'association historique avec l'Union européenne, l'éloignant définitivement du giron russe.

Echanges de tirs

L'Ukraine a dénoncé samedi une attaque séparatiste visant des gardes-frontières dans la région de Donetsk, l'un des bastions rebelles, et ajouté que les gardes avaient répliqué à une deuxième attaque près d'un autre poste frontière quelques minutes plus tard. Selon le service des gardes-frontières, neuf personnes ont été blessées.

Près de Slaviansk, les habitants continuaient samedi d'entendre des échanges de tirs entre insurgés et forces gouvernementales.

Le nouveau président Petro Porochenko avait indiqué vendredi que le cessez-le-feu unilatéral «ne signifie pas que nous ne répondrons pas en cas d'agression contre nos troupes».

Nouvelles forces russes

Parallèlement, le chef d'état-major de l'armée russe a indiqué que les manoeuvres surprise ordonnées par Vladimir Poutine vont impliquer plus de 65.000 soldats, plus de 180 avions et une soixantaine d'hélicoptères appartenant a des unités basées dans l'Oural et dans l'ouest de la Sibérie à 400 km de l'Ukraine.

Mais Kiev et ses alliés occidentaux s'inquiètent aussi de la présence de nouvelles forces russes le long de la frontière.

«De telles activités militaires ne contribuent pas à normaliser la situation en Ukraine et dissuadent nos dirigeants de mettre en application leurs initiatives de paix», a déclaré le ministère ukrainien des Affaires étrangères.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a indiqué que les manoeuvres militaires dans le centre de la Russie «ne peuvent que susciter l'inquiétude s'il y a le moindre lien avec les précédents déploiements près de la frontière».

Le chef de la diplomatie russe a quant à lui dénoncé samedi une «intensification» des opérations ukrainiennes. (afp)

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