24.03.2020 à 12:05

CEO de Mercedes

«Il n'y a pas de mal à renoncer à sa voiture»

Marc Langenbrinck de Mercedes Suisse et Gian-Mattia Schucan de Fairtiq offrent à leurs clients l'alternative des transports publics.

de
Thomas Borowski
Marc Langenbrinck de Mercedes-Benz Suisse et Gian-Mattia Schucan de la start-up suisse Fairtiq se sont associés.

Marc Langenbrinck de Mercedes-Benz Suisse et Gian-Mattia Schucan de la start-up suisse Fairtiq se sont associés.

Marc Langenbrinck et Gian-Mattia Schucan, répondez franchement à la question suivante: utilisez-vous les transports publics?

Langenbrinck: Je fais au moins dix trajets simples par semaine et le week-end, j'utilise presque exclusivement les transports en commun. Même pour mes rendez-vous dans le centre de Zurich, je prends presque toujours les transports en commun.

Schucan: J'ai une famille avec quatre enfants et je n'ai pas de voiture. C'est pourquoi je circule presque toujours à vélo ou avec les transports publics.

Gian-Mattia Schucan, quels sont les services offerts par Fairtiq et quels sont les avantages de l'application?

Le principal objectif de notre application est de rendre les transports publics facilement accessibles. Il suffit de télécharger l'application, qui est valable pour l'ensemble du réseau de transports en commun en Suisse, on la démarre au début d'un trajet et on l'arrête à nouveau à la fin, c'est tout. L'utilisateur de Fairtiq n'a plus à se soucier de chaque billet. Notre système s'en charge automatiquement et il facture toujours le tarif le moins cher.

Marc Langenbrinck, est-ce que Mercedes-Benz, en association avec Fairtiq, devient désormais une entreprise de transports publics?

Non, nous ne nous lançons pas dans les transports publics suisses. Mais nous intégrons la mobilité publique par le biais de Fairtiq dans notre offre, parce que nous pensons que cela correspond à nos normes de qualité. Il me tient à cœur de ne pas limiter notre offre en matière de mobilité moderne sous la forme de voitures confortables, mais que nous nous définissions d'ores et déjà comme des prestataires de mobilité intelligente.

Avec Fairtiq, voulez-vous amener vos clients à utiliser moins leur voiture?

Chacun est libre de décider du moyen de transport qu'il veut utiliser. Nos clients sont satisfaits de leurs véhicules et la voiture reste le meilleur moyen de locomotion dans de nombreux cas de figure. Après tout, nous ne vivons pas tous dans des villes comme Zurich, Berne, Bâle ou Genève. Nombreux sont ceux qui habitent à la campagne, où il est plus long et plus compliqué de se déplacer en transports en commun qu'en voiture. Et il ne faut pas oublier que de nombreuses entreprises artisanales ne peuvent pas se passer de leurs utilitaires.

Quels avantages les clients de Mercedes-Benz tirent-ils de l'offre de Fairtiq

Depuis octobre 2019, nous offrons à tous nos clients qui ont acheté notre voiture électrique EQC chez Mercedes-Benz Suisse, un bon mensuel Fairtiq d'une valeur de 40 francs et ce, pendant un an. Ce montant peut être utilisé sur tout le réseau de transports publics en Suisse. Et dès maintenant, nous élargissons également cette offre à l'achat d'une Smart électrique, ainsi qu'à celui de modèles hybrides rechargeables Mercedes.

Gian-Mattia Schucan, quelles sont vos attentes à long terme concernant cette collaboration?

Fairtiq est conçu pour contribuer à un mélange judicieux de mobilité dans notre société. Le développement de l'industrie automobile avec le passage des moteurs thermiques aux moteurs électriques va dans ce sens. Avec Fairtiq, Mercedes rend les transports publics plus attrayants, ce qui est dans l'intérêt de nos partenaires de transports publics.

Marc Langenbrinck, pourquoi êtes-vous si emballé par le partenariat avec Fairtiq?

La collaboration est bonne, car elle surprend nos clients. Nous nous plaçons ici comme une marque de voitures tout en annonçant aux gens qu'«il n'y a pas de mal à renoncer à sa voiture». Cela nous attire beaucoup de sympathie. Ce n'est pas ce que l'on attend de nous.

Dans le cadre du débat sur le CO2, votre collaboration avec Fairtiq peut également être perçue comme un simple alibi. Qu'en pensez-vous?

Cette année, nous envisageons de faire grandement avancer la digitalisation et l'électrification de nos modèles. L'objectif est de réduire les émissions de CO2 de notre flotte de plus de 20%. D'ici 2039, nous voulons que l'intégralité de la flotte Mercedes-Benz soit neutre en CO2. C'est un projet très ambitieux. Nous nous sommes fixés pour objectif de devenir une marque haut de gamme durable et moderne, qui offre des services en conséquence. Comme tous les autres constructeurs automobiles, nous voulons mettre en oeuvre la question de la durabilité. C'est là que Fairtiq joue un rôle important.

À quoi ressemblera, selon vous, la mobilité du client Mercedes, dans dix ans?

Jusqu'à présent, je me suis toujours trompé dans les prévisions à long terme! Mais ce qui est sûr, c'est qu'une métropolisation a lieu et qu'elle aura un impact sur la mobilité. Les trajets quotidiens dans le trafic urbain se feront encore davantage en transports en commun. Néanmoins, je pars du principe que la mobilité individuelle aura toujours sa place. Car il y aura toujours le transport privé.

Mais la voiture perd tout de même de son attrait actuellement, non?

Les clients continuent à faire preuve de passion et d'enthousiasme pour leurs véhicules. Le sentiment de liberté que procure une voiture demeure important. Même si on se dirige vers la mobilité en transports en commun, la voiture continuera toujours à jouer un rôle très important.

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