Gordon Brown: «Il n'y a pas eu de conspiration» dans l'affaire Megrahi
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Gordon Brown«Il n'y a pas eu de conspiration» dans l'affaire Megrahi

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a assuré mercredi que la libération par l'Ecosse en août d'Abdelbaset al-Megrahi, le Libyen condamné pour l'attentat de Lockerbie, n'avait fait l'objet d'aucune contrepartie.

«Il n'y a pas eu de conspiration, de camouflage, de double jeu, d'accord sur le pétrole, de tentative d'influencer les ministres écossais», a déclaré M. Brown lors d'une conférence à Birmingham (centre).

La remise en liberté d'al-Megrahi était dans «les intérêts nationaux du Royaume-Uni», a-t-il expliqué, citant les décisions de Tripoli de mettre un terme à son programme d'armes de destruction massive et de coopérer dans la lutte contre le terrorisme.

«Ce sont ces questions (qui ont joué, ndlr) et non le pétrole ou les intérêts commerciaux», a asséné le dirigeant travailliste. La libération d'al-Megrahi «n'a jamais eu aucun lien avec autre chose», a-t-il affirmé. «Notre intérêt a toujours été de renforcer la coalition contre le terrorisme international», a-t-il dit.

Soulignant cependant que la libération d'al-Megrahi était «du seul ressort» de l'Ecosse, indépendante de Londres en matière de justice, M. Brown a estimé qu'il aurait été inopportun pour le gouvernement britannique «d'intervenir».

Quelques heures auparavant, le ministre des Affaires étrangères, David Miliband, avait déjà démenti tout accord «pétrole contre Megrahi». «A aucun stade, nous n'avons eu l'intention de dire que nous pouvions offrir le genre d'entente qui est invoquée car la libération d'al-Megrahi n'était pas de notre ressort», a-t-il assuré sur la BBC.

M. Miliband a en revanche admis que Londres «ne voulait pas» qu'al-Megrahi «meure en prison».

Abdelbaset al-Megrahi avait été condamné en 2001 à la prison à vie pour l'explosion d'un avion de la compagnie américaine Pan Am au-dessus du village écossais de Lockerbie en 1988. Sa libération pour raisons médicales par l'Ecosse en août a suscité une vive controverse, en particulier aux Etats-Unis d'où sont originaires la majorité des 270 victimes. L'accueil triomphal qu'il avait reçu à Tripoli a encore jeté de l'huile sur le feu. (afp)

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