Actualisé 16.10.2018 à 13:05

Genève

«Il n'y a plus de respect de l'être humain»

Malgré de grosses perturbations mardi matin, la plupart des habitants croisés fait part de sa sympathie vis-à-vis de la grève.

de
mpo/dra

Un peu stressés et souvent en retard pour leur travail, les Genevois se sont faufilés tant bien que mal sur le pont du Mont-Blanc, bloqué ce mardi matin par les travailleurs en grève du gros œuvre. Malgré tout, la bienveillance prime. «C'est bien qu'ils poussent un coup de gueule, encourage un passant. Leurs salaires sont insuffisants». Pour cette dame à vélo, «s'ils manifestent, c'est qu'ils ont de bonnes raisons!»

Très énervé, un homme au costume impeccable dénonce cependant le blocage du pont: «Tout le monde a des soucis, c'est la récession! Ce n'est pas parce qu'ils ont des problèmes qu'ils doivent en créer aux autres!». Une jeune femme élégante n'est pas de cet avis:«Je comprends qu'ils se battent pour leurs droits. C'est juste une journée différente. Au moins il ne pleut pas, il ne neige pas, sourit-elle. Cette manifestation est très bon enfant.»

Témoignage maçon

1800 ouvriers revendiquent de meilleures conditions de travail

«Il n'y a plus de respect de l'être humain»

Quelque 1800 ouvriers du gros-oeuvre ont manifesté mardi matin, occupant le pont du Mont-Blanc une bonne partie de la matinée. Sur place, ils témoignent de leurs sentiments. «Disons qu'on est bien utilisés, je ne dirais pas encore exploités, mais c'est pour bientôt, soupire Philippe Michel, maçon genevois depuis 14 ans. Il n'y a plus le respect de l'être humain. C'est un vrai retour en arrière. Il y a eu un temps où on pouvait tout dire mais maintenant mieux vaut se taire pour éviter de fâcheuses répercussions.»

Le secteur du gros oeuvre dans les rues genevoises

Les maçons de Genève ont entamé leur mouvement de grève mardi matin. Un bon millier d’entre eux ont commencé à défiler dès 07h15 dans les rues pour une première journée de grève reconductible.

D'après Alessandro Pelizzari, secrétaire syndical à Unia, les manifestants devaient être rejoints par les ouvriers se trouvant sur différents piquets de grève devant les chantiers. «On a reçu de nombreux encouragements, il y a de la sympathie dans la population pour les travailleurs de la construction», a-t-il indiqué.

Dans les discours, les intervenants insistent sur les «menaces, les pressions et les violentes attaques du patronat» contre les travailleurs du gros oeuvre (retraites, travail temporaire ou encore précarisation rampante des employés du bâtiment). «Notre réponse, nous la donnons aujourd'hui dans la rue en nous mobilisant», a lancé au micro un syndicaliste perché sur une camionnette, au milieu du pont du Mont-Blanc.

Le pont du Mont-Blanc est ouvert

Le débrayage et les manifestations des ouvriers de la construction vont fortement perturber le trafic toute la journée. A lire ici.

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