Actualisé 13.07.2007 à 16:43

Il n'y aura plus de «Coupe Louis Vuitton»

Le maroquinier de luxe français Louis Vuitton a décidé de mettre fin à une histoire d'amour de 25 ans avec la Coupe de l'America.

Les relations étaient devenues orageuses avec Alinghi, qui a transformé l'épreuve pour en faire une source de revenus.

«Louis Vuitton a décidé de ne pas donner cette fois-ci son nom à la prochaine épreuve de sélection des challengers mais observera avec attention l'évolution de l'épreuve à l'avenir». Pour Louis Vuitton, propriété de Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH, «les nouvelles règles de l'America's Cup impliquent une approche plus commerciale, et le protocole signé est déjà contesté par certains équipages. Il y a d'ailleurs un risque de diminution significative du nombre d'équipes participantes».

A une époque où les challengeurs payaient eux-mêmes l'organisation des éliminatoires de la Coupe de l'America, Louis Vuitton avait donné en 1983 son nom à la sélection. «J'avais proposé aux autres équipes de chercher un sponsor, elles m'avaient dit: tu n'as qu'à t'en occuper», expliquait récemment Bruno Troublé, ex-barreur du baron Bich qui «en un coup de téléphone» avait réussi à convaincre Vuitton d'apporter son soutien financier.

«Très commercial»

Baptisée «Coupe Louis Vuitton», l'épreuve a depuis 1983 pris un essor considérable. Mais si jusqu'à 2003 à Auckland, Vuitton a gardé le contrôle de son épreuve, en accord avec le «defender», cela n'était plus le cas pour la dernière édition qui vient de se terminer à Valence.

ACM, émanation d'Alinghi, société chargée de l'organisation de la Coupe de l'America, a multiplié par dix le budget de l'événement (de 23 millions d'euros en 2003 à 230 millions d'euros, quelque 370 millions de francs), et pour ce faire a largement augmenté le droit d'entrée des partenaires.

Pour conserver son statut de partenaire numéro 1, Louis Vuitton a dû verser, selon certaines sources, entre 55 et 60 millions d'euros sur les 4 ans de la 32e Coupe, des chiffres non confirmés par la marque.

Chagriné par l'arrivée de partenaires moins prestigieux, par la tournure «très commerciale» prise par l'épreuve et «pas consultée par Alinghi en vue de l'organisation de la prochaine édition», selon Bruno Troublé, Louis Vuitton a donc jeté l'éponge. Pour prendre sa place, les noms de Rolex ou BMW sont évoqués.

Vent de fronde

Si Vuitton a ainsi «mis fin à un quart de siècle de partenariat», il ne s'interdit pas cependant «de faire revivre la Louis Vuitton Cup sous une autre forme». Ainsi, un circuit Louis Vuitton pourrait-il voir le jour, sans que le groupe n'ait donné plus de précisions.

Le retrait de la marque française, qui se revendiquait comme véritable mémoire et garant des valeurs de la Coupe de l'America, intervient alors que souffle un vent de fronde sur le defender Alinghi.

Jeudi, le challenger américain Oracle, par la voix de son yacht club de San Francisco, a contesté la validité du défi espagnol comme «challenger of record» et de ce fait le règlement de la prochaine édition qui pourrait avoir lieu en 2009 à Valence. Un règlement sur lequel les autres challengers n'ont pas été consultés et qui, selon Oracle, «avantage de façon inéquitable le défender».

Un règlement qui de plus sonnait la fin de la Coupe Louis Vuitton telle qu'elle existait jusqu'en 2007. Ainsi, pour la prochaine édition, Alinghi, le «defender», prévoit de participer aux éliminatoires des challengers jusqu'aux demi-finales. Une modification qui faisait dire récemment à Bruno Troublé: «Je ne sais pas si c'est la Coupe de l'America, en tout cas ce n'est plus celle que je connais.» (ats)

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