Affaire Kadhafi: «Il n'y avait tout simplement pas d'autre choix»
Actualisé

Affaire Kadhafi«Il n'y avait tout simplement pas d'autre choix»

Les deux Suisses retenus en Libye dans le cadre de l'affaire Kadhafi reviendront «la semaine prochaine», a déclaré Hans- Rudolf Merz vendredi devant les médias.

Le président de la Confédération a affirmé avoir exigé qu'ils soient de retour en Suisse avant le 1er septembre.

Après avoir retracé les différentes étapes de l'affaire et des préparatifs pour la résoudre, M. Merz a indiqué avoir pris la décision d'agir car il a constaté il y a un mois que la situation était «bloquée». Il a assuré assumer la responsabilité de l'accord passé et de ses conséquences. «Il n'y avait pas d'autre choix», selon lui.

Le CF dans le flou

Le Conseil fédéral savait qu'Hans-Rudolf Merz se rendrait en Libye, mais il n'était pas au courant du contenu détaillé de l'accord passé. Celui-ci a été préparé avec les services de la ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, a indiqué le président de la Confédération.

Largement interrogé par la presse sur la question des excuses présentées, M. Merz fait valoir que ses déclarations étaient nécessaires pour dépasser le blocage dans lequel se trouvait l'affaire. «On avait l'intention d'exprimer une forme d'excuses», a- t-il souligné tout en expliquant qu'il y avait eu de longues discussions pour savoir s'il fallait parler de regrets ou d'excuses.

Le ministre des finances a aussi justifié pourquoi il est revenu en Suisse sans les deux otages. Aux yeux des Libyens, les deux hommes sont retenus pour des questions de visa. La justice locale a donc besoin de quelques jours pour clore le dossier, a relaté Hans- Rudolf Merz.

Les propos d'Hans-Rudolf Merz en conférence de presse

«Au bout d'un certain temps nous nous sommes retrouvés devant une impasse.

Le conflit s'était intensifié et a quelque peu dégénéré. Et le voyage de la conseillère Calmy-Rey pour négocier et trouver un arrangement n'a pas fonctionné non plus.

On se trouvait d'une part avec les autorités de Genève persuadées d'avoir tout fait juste et de l'autre la Libye, qui estimait tout le contraire.

J'insiste pour dire que je respecte la position du canton de Genève. Mais il fallait trouver une solution pour débloquer la situation. Car il faut avouer que rien n'a bougé en un an.

Il était important de parler, de faire le point avec les autorités lybiennes.

J'en suis arrivé à la conclusion qu'il n'y avait tout simplement pas d'autre choix pour parvenir à un accord, pour faire libérer les otages suisses à Tripoli (ndlr: officiellement retenus pour une histoire de visas pas en règle), que de reconnaître que la situation avait été exagérée.

J'en accepte volontiers les conséquences, car il fallait bien dire quelque chose! Sans quoi le contrat n'aurait pas été signé (ndlr: aucun accord écrit n'a néanmoins été signé jusqu'ici).

Il était important de reconnaître que toute l'affaire qui a découlé de l'incident d'origine était éxagérée.

Le Conseil fédéral savait que je me rendrais en Libye, mais il n'était pas au courant du contenu détaillé de l'accord passé. Celui-ci a été préparé avec les services de la ministre des affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey.

En tant que président de la Confédération, on est parfois amené à prendre des décisions difficiles et c'était simplement mon tour de la prendre.

La formulation officielle stipule que 'la Suisse s'excuse de l'arrestation qui n'était pas nécessaire'.

Maintenant le problème est réglé pour moi. Je ne reviendrai pas dessus par la suite.

Concernant les otages, je ne connais pas encore la date de leur arrivée en Suisse, mais j'ai reçu la promesse (orale) formelle qu'ils seraient libérés dans les jours à venir. Ca sera sûrement dans le courant de la semaine prochaine. Mon but principal était de les ramener sains et saufs au pays.

Si nécessaire, je ferai même un deuxième voyage en Libye pour m'assurer de leur retour d'ici au 1er septembre. Et si je n'arrive pas à réaliser ce but, alors j'aurais effectivement perdu la face. Mais ils reviendront, j'en suis sûr.

Il y a plein de pays qui entretiennent de bonnes relations avec la Libye et je ne vois aucune raison pour laquelle nous ne pourrions pas retrouver une situation normale entre nos deux pays.

Et vous, qu'auriez-vous fait à ma place? A vous entendre, tout ce que j'ai fait hier est complètement faux.»

(20 minutes/ats)

Ton opinion