cauchemars: «Il ne faut pas avoir peur des monstres»
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cauchemars«Il ne faut pas avoir peur des monstres»

Un Américain a eu l'idée de dessiner les mauvais songes des petits pour les aider à vaincre leurs craintes. Rencontre

par
Marine Guillain

Dave DeVries est illustrateur au New Jersey. Sur un blog, il donne une dimension plus réelle aux créatures qui peuplent les rêves des petits.

– Expliquez-nous votre travail en quelques mots.

– Je demande aux parents de m'envoyer les dessins de leurs enfants, après qu'ils leur ont suggéré d'illustrer leurs cauchemars. Je les reproduis ensuite de manière très réaliste, pour que les parents comprennent mieux ce qui effraie leurs rejetons. Le succès des images publiées sur mon blog m'a donné envie d'en faire un livre (n.d.l.r.: «The Monster Engine», La machine à monstres).

– Comment vous êtes-vous lancé dans ce projet?

– C'était il y a quatorze ans. Je regardais ma nièce Jessica faire des gribouillages et je me suis demandé à quoi ils ressembleraient s'ils avaient de la couleur et de la texture. Je n'ai pas fait des années de recherches ni de dur labeur, j'étais simplement curieux de voir ses dessins prendre vie.

– En quoi aidez-vous les enfants à ne plus faire de mauvais rêves?

– Les interviews publiées dans mon livre sont la clé. Les parents peuvent les lire avec leurs gamins, et leur montrer qu'il n'y a aucune raison d'avoir peur des monstres. C'est une sorte de guide, et le tout est construit avec une bonne dose d'humour. Les gosses adorent!

– Ne sont-ils pas effrayés par vos dessins?

– Parfois, ce sont plutôt les parents qui le sont! Mais jamais les enfants. Le but est même qu'ils «s'identifient» aux monstres.

– Quels sont vos projets pour la suite?

– Vu le succès de mon blog (plus d'un demi-million d'internautes le visitent chaque mois), je travaille pour faire une version iPad de mon livre, avec davantage d'illustrations et d'interviews. Je souhaite partager ma passion dans le monde entier, à travers la TV et internet.

TROIS MANIÈRES DE TRIOMPHER DU MAL

Sur le web, on trouve plein d'astuces pour lutter contre les mauvais rêves des enfants. La chroniqueuse Nadia Daam a répertorié les trois meilleures, qu'elle a évoquées dans «Les Maternelles» du 8 novembre dernier, sur France 5.

- Faire le ménage. Sur un forum, une maman raconte qu'elle passe l'aspirateur chaque soir sous le lit de sa fille, pour neutraliser les monstres qui se planquent dessous. Comme dans le film «Ghostbusters», où les chasseurs de fantômes utilisent un aspirateur.

- Ecouter de la musique. Une maman a expliqué à son fils de 6 ans que les monstres avaient tous une chanson qu'ils détestaient en particulier. Le meilleur moyen pour les faire fuir, c'est donc d'écouter ou de jouer une mélodie dans la chambre, juste avant de se mettre au lit.

- La boîte à cauchemars. On fabrique un coffret qu'on customise un peu. L'idée est de suggérer à l'enfant de raconter ses mauvais rêves, en les chuchotant dans le couvercle entrouvert, en les écrivant ou en les dessinant. On enferme le tout dans la boîte, et on vérifie chaque soir qu'elle est très bien fermée.

EXPLORATIONS DANS LE MONDE DU RÊVE

Les travaux sur l'imagination évoluent toujours plus. Début novembre, des scientifiques californiens ont prouvé que l'on pouvait «rencontrer des aliens» dans ses rêves, et cela de manière volontaire et contrôlée. Ils ont ainsi entraîné vingt individus à plonger dans un état de demi-sommeil à l'aide d'exercices mentaux. Sept d'entre eux sont parvenus à «voir» des images réalistes d'extraterrestres.

D'autres chercheurs américains ont développé un procédé mettant en images les rêves et les souvenirs (vidéo ci-dessous). «Pour l'instant, la méthode ne permet que de reproduire notre système visuel basique, a précisé le neuro­scientifique Jack Gallant dans «Current Biology». Mais c'est un pas important vers la reconstruction de l'imagerie interne du cerveau.»

L'expérience des chercheurs. Les images et leur «souvenir» sont reconstitués à partir de l'activité cérébrale.

Bûche, soldat ou étoile de mer?

Selon un expert du sommeil, la posture que nous choisissons pour rêver n’est pas anodine. Elle révèle certains traits de notre personnalité et aurait même un impact direct sur notre santé. Plus d'informations en cliquant ici.

On passe presque un quart de la nuit à rêver

Environ 20 % du temps total de sommeil est consacré aux rêves. Ce chiffre s’applique à un adulte au sommeil structuré. Les bébés, eux, rêvent durant la quasi-totalité de leur sieste. On ne s’en souvient pas toujours, mais on voyage tous au pays des songes, et cela chaque nuit.

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