29.01.2020 à 18:49

Taxe déchets«Il ne faut pas dégoûter les gens de trier le carton»

Le prix de la tonne de vieux papier a tellement baissé que les communes doivent désormais payer pour s'en débarrasser. Le prix devrait être répercuté sur les citoyens.

von
Pauline Rumpf
iStock

Tout début janvier, on apprenait que certaines communes alémaniques avaient installé une crousille dans leur déchetterie, et faisaient payer les gens qui y amenaient leur vieux papier. La raison: la chute vertigineuse du prix de cette «matière première secondaire», qu'il faut désormais payer pour recycler, alors que la manoeuvre était rentable par le passé.

La situation est la même en Suisse romande, assure aujourd'hui l'Association des transporteurs et recycleurs de déchets du Valais romand et du Chablais (Atred). Selon cette dernière, aucune commune valaisanne n'a installé de tirelire de ce type, mais «selon le principe du pollueur payeur», la plupart des communes vont répercuter ce coût sur la taxe déchet payée par ses habitants.

Or, l'Atred veut mettre en garde: il ne faut pas pour autant que les citoyens se mettent à jeter le vieux papier dans leur sac poubelle de base. «Il ne faut pas dégoûter les gens de trier. Ce serait une erreur écologique mais aussi économique d'incinérer ce matériau», estime son président David Crettenand. En effet, toute une industrie suisse dépend de ces déchets, qui servent aussi de matière première pour produire du papier hygiénique, d'emballage ou d'imprimerie. «S'il fallait couper des arbres ou importer du vieux papier, cette industrie cesserait probablement d'exister car ce ne serait pas rentable.»

Le déchet, un marché à part entière

Le carton et le vieux papier sont une denrée importante, qui s'importe et s'exporte et dont le cours va et vient. Actuellement, parmi d'autres fluctuations, c'est la Chine qui pèse sur le prix du marché. Fournisseuse de carton, notamment pour emballer les autres produits qu'elle exporte, elle a mis le hola sur le retour de ces cartons et d'autres déchets lorsqu'ils ne sont pas triés correctement. «Pendant trop longtemps, les pays occidentaux ont fait n'importe quoi, explique David Crettenand. Or le but n'est pas d'exporter nos déchets pour qu'ils soient brûlés ailleurs.»

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