Transgenre violée à Paris : «Il ne pensait pas qu’une prostituée irait déposer plainte»
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Transgenre violée à Paris «Il ne pensait pas qu’une prostituée irait déposer plainte»

Un homme est jugé depuis mardi à Paris pour avoir violé une prostituée transgenre sous la menace d’une arme en 2018, au Bois de Boulogne. La cour est revenue sur son profil psychologique.

«Les prostituées du Bois de Boulogne se livrent difficilement et déposent rarement plainte à la police», a souligné l’enquêtrice lors du premier jour du procès. 

«Les prostituées du Bois de Boulogne se livrent difficilement et déposent rarement plainte à la police», a souligné l’enquêtrice lors du premier jour du procès.

AFP

Le procès d’un homme accusé d’avoir violé une prostituée transgenre, une Péruvienne en situation irrégulière, au Bois de Boulogne en 2018, s’est ouvert mardi devant la cour d’assises de Paris.

«Je reconnais les faits»

«J’assume mon entière responsabilité (...) Je reconnais les faits», a déclaré d’emblée l’accusé, un homme de 28 ans qui comparaît détenu. En réponse aux questions de la présidente, il a détaillé: il reconnait le viol et l’usage d’un couteau pour menacer la prostituée, Cristina.

L’accusé est jugé pour «viol commis sous la menace d’une arme», «vol», «récidive de recours à la prostitution».

Cristina, qui se prostituait au Bois de Boulogne, a déposé plainte le 8 novembre 2018 pour ce viol. Quand elle a dit à cet homme, qui ne voulait pas mettre de préservatif, qu’elle refusait un rapport sexuel non protégé, celui-ci a saisi un couteau pour la menacer, ont rapporté les enquêteurs à l’audience. Il lui a imposé une fellation, un rapport anal sans préservatif et l’a frappée au visage.

L’accusé a été retrouvé grâce à la vidéosurveillance. Cristina, en état de choc, a dû être hospitalisée en psychiatrie.

La cour d’assises a commencé mardi à se pencher sur le profil de l’accusé, un ancien technicien administratif de la CPAM, licencié en 2018.

«Il a adapté son discours»

Au début de l’enquête, il avait nié les faits, donné différentes versions puis avait admis avoir «perdu pied», après avoir consommé de l’alcool.

«Il a adapté son discours au fur et à mesure que de nouveaux éléments lui étaient présentés», a expliqué une policière de la brigade criminelle, qui était chargée de l’enquête. «Il ne pensait pas qu’une prostituée irait déposer plainte auprès des services de police».

«Les prostituées du Bois de Boulogne se livrent difficilement et déposent rarement plainte à la police», a souligné l’enquêtrice. Une réalité qui fait de ce procès une audience exceptionnelle.

Un enquêteur de personnalité est revenu sur le passé de l’accusé, qui a dû fuir, enfant, la guerre civile dans son pays natal, le Congo. Il aurait, à 5 ans, subi une agression sexuelle, dans des conditions assez floues.

Il est arrivé en France à 10 ans, où il a été «ballotté d’hôtel en hôtel» avec sa famille, avant d’obtenir un logement social «dans un quartier sensible» de Sevran, en Seine-Saint-Denis, a expliqué l’enquêteur de personnalité.

Un «mari attentionné, à l’écoute»

Il a eu une seule relation stable, avec son épouse actuelle, mais «une cinquantaine de partenaires sexuelles dans sa vie, principalement des histoires d’un soir et des prostituées». Il se dit hétérosexuel, mais «reconnait une certaine attirance pour des transsexuels», a poursuivi l’enquêteur. Il avait d’ailleurs déjà eu «deux ou trois relations avec des prostituées trans» au Bois de Boulogne, cherchant à avoir des rapports anaux.

A la barre, son épouse l’a décrit comme un «mari attentionné, à l’écoute», qui n’a «jamais été violent». «Quand on se disputait, il buvait», a-t-elle cependant reconnu.

«Est-ce que vous aviez remarqué son attirance pour d’autres formes de sexualité?», l’a interrogée la présidente. «Non. On avait des actes classiques».

Le procès se poursuit jusqu’à jeudi.

(AFPE)

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