29.03.2020 à 05:15

Baux commerciaux

«Il ne s'agit là que d'une mesurette»

Les annonces, vendredi, du Conseiller fédéral Guy Parmelin sur la problématique des loyers à verser ne règlent rien. Réactions du président de Gastrovaud.

de
Frédéric Nejad Toulami
Malgré les propos rassurants du Conseiller fédéral, inquiétudes et tracas demeurent pour nombre de PME obligées de fermer, avec des loyers et des charges à payer.

Malgré les propos rassurants du Conseiller fédéral, inquiétudes et tracas demeurent pour nombre de PME obligées de fermer, avec des loyers et des charges à payer.

RTS

Parmi les nombreuses enseignes qui ont eu l'obligation de fermer dès la mi-mars en raison de l'épidémie du virus et de l'ordonnance fédérale pour tenter de ralentir la propagation, les cafés et les restaurants. Or, leurs diverses charges et les loyers à payer demeurent. Nombre de bistrots locataires de lieux appartenant à des communes vont pouvoir bénéficier de la bienveillance des autorités publiques en la matière. Mais la situation est tout autre avec les bailleurs privés.

Dans les circonstances actuelles, le risque de retard dans le paiement des loyers des locaux commerciaux est grand. Conscient de cela, le Conseil fédéral a annoncé vendredi étendre les délais de paiement pour éviter que le bailleur mette son locataire en demeure puis à la porte. Les locataires privés et commerciaux en retard de paiement à cause des mesures de lutte contre le coronavirus bénéficieront de 90 jours au lieu de 30 pour s'acquitter d'arriérés de paiements pour des loyers et frais accessoires dus entre le 13 mars et le 31 mai.

Compromis à trouver et aide des Cantons

«Enfin un geste concret, mais il ne s'agit que d'une mesurette», s'exclame Gilles Meystre. Président de GastroVaud, il déclare que reporter ces paiements à plus tard ne les annule pas et va créer des dettes lourdes à supporter pour des locataires commerciaux sans revenus désormais. «On doit trouver un compromis ou bailleur et locataire doivent chacun faire un geste envers l'autre». Il imagine même les Cantons prendre en charge une partie de ces loyers.

«Je suis bien conscient que demander l'abandon des loyers pour mars et avril est extrême et délicat pour des petits propriétaires, reconnaît Gilles Meystre. Mais ce n'est pas le cas de certains gros bailleurs et autres fonds de pension. Et pourtant, quand je vois certaines réponses de gérances envoyées à des locataires commerciaux en difficulté vu la situation, je me dis que le Conseil fédéral n'a pas la même perception de la réalité que nous.»

Eviter les faillites et les procédures

Le président de GastroVaud dit être en négociation avec le Conseil d'Etat afin qu'il intervienne. «L'Etat a tout intérêt à éviter des faillites et des procès, dit-il, car si rien ne change on se dirige vers un endettement pour rembourser des dettes à terme, et ça ressemble à une bombe à retardement.» Gilles Meystre estime d'ailleurs que les bailleurs ont aussi intérêt à se montrer conciliants. «Mieux vaut pour eux de conserver de bons payeurs jusqu'alors, plutôt que de s'engager dans des procédures de commandements de payer, de perte de locataires et de locaux vides pour lesquels il faudra alors trouver de nouveaux clients.»

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