Actualisé 13.10.2012 à 19:01

Affaire de blanchiment Il ne savait pas que l'argent venait de la drogue

Deux Suisses d'origine marocaine ont été placés en détention dans le cadre de blanchiment d'argent entre la Suisse et la France.

Deux hommes, des frères selon leur avocate, ont été placés en détention à Genève, suite à l'affaire de blanchiment d'argent entre la France et la Suisse, selon un communiqué du Ministère public genevois.

Ces deux hommes, qui sont des Suisses d'origine marocaine, sont «soupçonnés d'être impliqués dans un réseau de blanchiment d'argent de la drogue. Ils sont prévenus de blanchiment en bande et par métier, d'infraction à la loi sur les stupéfiants et de faux dans les titres», indique le communiqué.

La durée de la détention provisoire, ordonnée en raison de l'importance des charges et des risques de fuite, a été fixée à 3 mois.

Société fondée en 1977

La police suisse avait interpellé mercredi 10 octobre trois personnes à Genève dans le cadre du démantèlement d'un réseau de blanchiment entre la Suisse et la France.

La 3ème personne interpellée a été remise en liberté, mais doit se tenir à la disposition de la justice.

Selon la presse suisse, la société financière genevoise soupçonnée d'être au centre de ce trafic avait pignon sur rue, et a été fondée en 1977.

Selon le journal «Le Temps», les principaux protagonistes auraient participé au recyclage de l'argent collecté en France par un troisième homme, un de leurs frères.

Evadés fiscaux

Concrètement, l'argent liquide provenant de la vente de la drogue aurait été remis à Paris aux clients français de la société genevoise, qui ne «sont pas forcément au courant des dessous des transactions», indique Le Temps.

Ces clients français sont des évadés fiscaux français, parmi lesquels «des architectes, des galeristes et autres commerçants».

En recevant l'argent liquide, ces clients évitaient de faire faire un virement, forcément suspect pour le fisc français, à partir de la société vers leurs comptes en France.

Une fois qu'ils avaient reçu l'argent en liquide, les comptes suisses de ces clients français étaient débités, d'un montant équivalent, au profit d'un compte de la société genevoise auprès de HSBC à Londres.

La compensation peut aussi se faire dans l'autre sens. Les clients français remettent du cash à un intermédiaire en France, et voient ensuite leur compte crédité en Suisse du même montant.

«Il tombe des nues»

L'enquête en Suisse est menée par 4 magistrats, sous la direction du premier procureur Yves Bertossa.

Selon l'avocate d'un des deux frères, Me Josiane Stickel-Cicurel, son client, administrateur délégué de la société genevoise, «tombe des nues». Il explique «avoir fait de la gestion de fortune et admet avoir pratiqué des opérations en pensant que l'argent était propre». «Il n'avait aucune idée que l'argent pouvait venir de la drogue», a-t-elle ajouté à l'AFP.

Selon elle, «en l'état actuel du dossier», qu'elle a pu consulter vendredi, «il n'y a pas de lien» entre les activités de blanchiment et celles de son client, «gérant de fortune».

Les deux frères ont été séparés dans leur détention, et mis à l'isolement, afin d'éviter qu'ils aient des contacs entre eux.

C'est dans la villa de l'administrateur délégué de la société financière, située dans un quartier résidentiel de Genève, que les enquêteurs ont trouvé 1 million de francs suisses (800'000 euros) en liquide, 160 montres et des bijoux de grande valeur, déposés dans une chambre forte, dissimulée derrière une penderie. Le tout est estimé à 3 millions de francs suisses (2 M euros), et «il a fallu plus de 4 heures pour inventorier tout cela», selon le juge Bertossa, cité par Le Temps.

Le frère de cet administrateur délégué, également impliqué dans le trafic, travaille pour HSBC-Genève, selon «Le Temps». (afp)

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