DJ Antoine: «Il ne voulait pas de «Ma Chérie» en France»
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DJ Antoine«Il ne voulait pas de «Ma Chérie» en France»

La star bâloise de la dance, auteur des hits «Ma Chérie» et «Welcome to St Tropez», parle face à nos caméras de son nouvel album «2013 − Sky Is the Limit», réalisé avec Mad Mark.

par
Julien Delafontaine

De passage le 29 janvier 2013 à Lausanne, DJ Antoine est revenu sur la réalisation de «2013 − Sky Is the Limit». Le précédent disque du Bâlois, «Welcome to DJ Antoine» (2011), s'est écoulé à plus de 200'000 exemplaires en Europe. Il lui a valu un Impala Award.

DJ Antoine, il est 9h du matin. C'est tôt pour un DJ pour parler d'un album...

C'est trop tôt. C'est pour cela que j'ai mis mes lunettes. J'ai mixé tout le week-end et me suis couché cette nuit à 1h.

Vous êtes un lève-tôt dans la vie?

En général, j'aime bien dormir jusqu'à 8h30 ou 9h. Mais actuellement, avec la promotion de mon album, ce n'est pas possible. Je voyage tous les jours. Cette semaine, par exemple, je vais en Allemagne et à Dubaï, donc cela ne me laisse pas de temps pour dormir.

Vous venez de déposer «2013 - Sky Is the Limit» dans les bacs. Comment s'est déroulée sa réalisation?

C'est un album qui nous a donné beaucoup de travail. On a bossé près de quinze mois dessus. C'était une période très dure, car nous avons voulu faire le maximum. Le résultat est un double CD de 36 pistes différentes, mais on reconnaît bien le style de DJ Antoine. On a travaillé avec des auteurs américains qui ont écrit des morceaux pour Lady Gaga, Madonna ou Britney Spears. C'était important pour nous de travailler avec ces gens qui maîtrisent un anglais plus complexe que celui que l'on parle en Europe.

C'est vous qui avez demandé à travailler avec ces plumes pour stars ou ils sont venus vers vous?

Cela dépend. Jenson Vaughan, le mec qui a bossé sur le dernier disque de Madonna, est venu spontanément vers moi, car il a adoré «Ma Chérie». Pour d'autres, cela c'est fait sous forme d'échange. On leur a fait un truc et ils nous ont rendu la pareille.

«2013 - Sky Is the Limit», vous l'avez conçu avec Mad Mark. Pourquoi avoir travaillé avec lui?

Mad Mark, c'est mon partenaire de production depuis treize ans. C'est ensemble que l'on a produit des artistes comme Remady ou Timati. Mais c'est drôle, car sur cet album on a signé nos morceaux «DJ Antoine vs Mad Mark» et beaucoup de gens, sur iTunes par exemple, se demandent qui est ce chanteur... Evidemment qu'il ne chante pas. C'est un DJ, et surtout mon fidèle partenaire.

Quel est le secret de votre tandem?

On est complémentaires. Il est plus calme que moi. Moi je suis comme une Ferrari, lui comme une Mercedes. Il aime bien être à la maison le week-end. En fait, il n'est pas aussi fou que son nom le laisse penser. Moi, en revanche, j'aime bien faire la fête avec le public.

Vous attendiez-vous au succès de «Ma Chérie»?

J'ai toujours pensé que «Ma Chérie» m'ouvrirait des portes. Mais tout le monde ne pensait pas la même chose. En 2010, lorsque je l'ai présenté à ma maison de disques en France, elle m'a répondu que cela ne marcherait jamais. J'ai insisté en disant: «Mais ce n'est pas possible, ce titre, c'est un hit, prenez-le.» Au final, elle l'a pris. Il est devenu numéro un dans les charts.

Sur votre nouveau disque, Pitbull réinterprète justement «Ma Chérie». Pourquoi?

Sur mon disque, il y a 36 titres dont 35 nouvelles productions. Il y a juste une reprise de «Ma Chérie» avec Pitbull. Un jour, le manager du rappeur m'a téléphoné en me disant que Pitbull adorait mon titre et qu'il voulait en faire quelque chose. Pour l'anecdote, tous les concerts que l'Américain a donnés en Europe, il les a ouverts avec «Welcome To St Tropez» et terminés avec «Ma Chérie». Je n'ai jamais compris pourquoi, mais j'étais évidemment content. Alors j'ai dit OK au manager. Deux minutes après, Pitbull m'a envoyé un SMS en me disant qu'il allait travailler sur ce morceau avec Enrique Iglesias. Je n'y croyais pas trop, mais bon... Puis on s'est rencontrés à Zurich. Pitbull m'a fait écouter des trucs avec Enrique Iglesias, mais cela sonnait bizarre pour moi. Alors on a décidé de faire cela seulement avec Pitbull dans le but de toucher aussi les Etats-Unis. Il m'a aussi préparé un autre morceau qui s'appelle «My Corazon» qui, je l'espère, devrait séduire, lui, les Sud-Américains.

En parlant de Pitbull, vous avez débuté dans le hip-hop. Pourquoi avoir laissé tomber ce style?

J'adore toujours le hip-hop. D'ailleurs je pense qu'aujourd'hui il n'y a plus grande différence entre le hip-hop et la dance musique. Le public aime Snoop Dogg, qu'il fasse des trucs rap ou des trucs dance. Mon «Welcome To St Tropez» est d'ailleurs tout aussi dance que rap.

La légende dit que vous étiez un bad boy lorsque vous étiez dans le hip-hop...

J'ai effectivement fait quelques graffitis sur des murs. D'ailleurs, il y a peu, j'ai eu des graffitis sur les murs de ma maison. J'ai voulu me fâcher puis je me suis dit: «Non, je n'ai pas le droit, j'en ai fait aussi.»

Maintenant vous cultivez plutôt l'image du golden boy.

Il y a deux faces chez DJ Antoine. La première, elle est bling-bling comme «Welcome To St Tropez» avec les belles voitures, le champagne, les belles femmes et des habits au top de la mode. L'autre face de DJ Antoine, j'ai voulu la montrer dans le clip de «Bella Vita». Pour moi, c'était important d'exprimer que mes meilleurs souvenirs ne sont pas dus à des choses matérielles. Mes meilleurs moments, ceux gravés dans mon cœur, m'ont été offerts par mes amis et ma famille.

Justement, avec votre succès, est-ce possible d'avoir encore des moments avec ses amis ou sa famille?

Oui. Normalement, en janvier je m'accorde toujours deux semaines de vacances pour faire un break et profiter de mon entourage. Sinon je bosse sept jours sur sept. Mais là, ma maison de disques a refusé mes vacances en Thaïlande et à Dubaï pour faire la promotion de mon album. Alors entre Malaia, Dubaï, Florence et Paris, je n'ai eu que deux jours de congé depuis le début de l'année. Bon c'était au milieu du désert à Dubaï, sans téléphone, sans internet, sans ordinateur, c'était un immense bonheur. La «Bella Vita» à ne rien faire, juste rester tranquille.

On vous a vu aux derniers Swiss Music Awards accompagné de votre fils de 11 ans. Comment juge-t-il votre carrière?

Il adore ce que je fais. Il adore la musique des autres artistes aussi. Il comprend de plus en plus mon job. Il regarde mes clips et me signale les copies illégales de mes titres sur YouTube, il est superinformé. Il veut aussi sortir, mais il est encore trop jeune. Je l'ai quand même déjà pris deux fois à des concerts. Il a adoré. Pour les Swiss Music Awards, il voulait vraiment venir. Alors j'ai dit OK. On s'est costumés ensemble et on y est allés.

Il vous dit ce qu'il pense de votre musique?

Il est très direct. J'apprécie les gens qui disent ce qu'ils pensent. Mon fil dit sans détour s'il aime ou non. Il affectionne aussi les styles plus durs, comme la dubstep. Moi, au bout d'une heure, cela me donne mal à la tête. Il y a des fois je dois carrément aller dans sa chambre pour lui dire de baisser le volume tellement ça tape. Sinon, pour «2013 - Sky Is the Limit», je l'ai pris quelquefois en studio. Je lui ai fait aussi écouter les démos. Il m'a donné son avis. Je trouve que c'est cool d'avoir une relation comme cela avec son fils.

DJ Antoine, c'est une petite entreprise. Combien de personnes travaillent pour vous?

En Suisse, il y a 12 personnes qui travaillent pour ma carrière de DJ et 5 pour mon label. J'ai lancé mon entreprise en 1995. En Allemagne, ce sont un peu près 50 personnes qui bossent actuellement pour la promotion de mon nouveau disque. C'est vraiment important pour moi d'avoir un bon team sur lequel je puisse m'appuyer. Je ne pourrais jamais faire tout cela tout seul.

DJ Antoine est-il un produit marketing?

Non. Je n'ai jamais eu de manager. Je décide de tout. Je n'ai pas besoin de quelqu'un pour me dire ce que je dois faire. Ce n'est pas pour autant que je refuse certaines choses. Les émissions TV, par exemple, je n'aime pas trop. Surtout en Allemagne et leurs cheesy Schlagerparade. Je prends sur moi et m'y rends quand même, car je suis conscient que c'est important pour ma carrière et pour mes ventes de disques.

Vous êtes très connu à l'étranger, mais vous mixez encore beaucoup en Suisse, pourquoi?

J'y mixe moins qu'avant. Mais je suis né ici et j'ai commencé ma carrière ici, je n'ai pas le droit de l'oublier. Je fais encore 10% de mes dates en Suisse, comme au MAD, que j'apprécie beaucoup. C'est vrai aussi qu'il n'y a pas beaucoup de clubs dans notre pays.

C'est à la mode pour les DJ de se produire accompagné de danseurs et de chanteurs. Est-ce une tendance que vous allez suivre?

J'aime bien les animations vidéo, mais c'est tout. J'apprécie de faire le show seul, de mettre de l'ambiance avec le micro. J'ai eu longtemps des MC, mais c'était toujours une confrontation, car nous n'avions pas forcément les mêmes idées aux mêmes moments. Même avec Mad Mark, on a essayé de partir en tournée ensemble. Cela n'a pas fonctionné, car malgré le fait que l'on travaille ensemble depuis longtemps, on a des goûts différents. Non, je préfère vraiment me produire seul.

Pourquoi avoir appelé votre disque «Le ciel est la limite»?

Je n'ai pas voulu appeler mon disque «L'univers est la limite», car pour moi le ciel est déjà si grand... Si tu sors dans la nuit et qu'il n'y a pas de pollution lumineuse, tu vois toutes ces étoiles. Imagine que derrière elles, c'est l'infini. Ce disque m'a justement demandé un investissement infini pour toucher le cœur de plein de gens différents.

Dans quels pays sort-il?

Il est sorti en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Il va bientôt sortir en France, en Belgique, en Italie, en Inde, en Malaisie, en Corée, en Thaïlande, en Australie, en Amérique du Sud et du Nord. J'adore voyager. J'espère qu'il m'emmènera faire un grand tour...

DJ Antoine: «2013 − Sky Is the Limit», dans les bacs depuis le 25 janvier 2013.

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