Actualisé 01.07.2020 à 08:38

Néonicotinoïdes

Comme les abeilles, les fourmis sont en danger à cause du pesticide

Une étude de l’Université de Berne a démontré qu’une molécule des résidus de néonicotinoïdes tue les ouvrières à petit feu. Il est déjà prouvé que le pesticide est en partie responsable de la diminution de la population d’abeilles.

Les fourmis noires des jardins sont aussi menacées par les néonicotinoïdes, selon une étude bernoise (archives).

Les fourmis noires des jardins sont aussi menacées par les néonicotinoïdes, selon une étude bernoise (archives).

Keystone/EPA/HARISH TYAGI

Il n'y a pas que les abeilles qui sont décimées par les résidus de néonicotinoïdes. Les fourmis en sont aussi victimes. Mais l'effet de ces pesticides est plus pernicieux: l'une de ses molécules, le thiamethoxame, réduit petit à petit le nombre des ouvrières. C'est une étude des chercheurs de l'Institut de la santé des abeilles de l'Université de Berne qui l'a démontré. Ils ont observé durant 64 semaines des reines de fourmis noires des jardins (Lasius niger) lors de la constitution de la colonie.

Au début de la première hibernation, les colonies exposées aux pesticides et celles du groupe de contrôle ne présentaient aucune différence de taille. L'année suivante, cependant, il est apparu que les colonies du groupe des pesticides comptaient beaucoup moins d'ouvrières.

Comme la quantité de travailleuses constitue un facteur décisif pour la vitalité d'une colonie de fourmis, les fourmis exposées aux pesticides sont donc plus menacées. «Lorsqu'on prend en considération l'importance des fourmis pour nos écosystèmes, il devient évident que l'utilisation de néonicotinoïdes représente une menace pour notre environnement», déclare Daniel Schläppi de l'institut, auteur principal de l'étude publiée dans la revue Nature Communications Biology.

Une espèce commune

La fourmi noire de jardin est une espèce très répandue, de la sous-famille des Formicinae. C'est la fourmi la plus commune en Europe centrale. On la trouve dans des habitats pas trop secs à la lisière des forêts ainsi que dans les milieux dégagés. C'est une fourmi qui s'adapte très bien et qui vit également dans les villes. Elle s'infiltre aussi parfois dans les maisons.

Le thiamethoxame, une molécule de la famille des néonicotinoïdes, est utilisé comme pesticide dans l'agriculture. Ces substances sont connues pour nuire aux abeilles et déploient longtemps leurs effets.

«En raison de leurs propriétés chimiques, les insecticides néonicotinoïdes contaminent les sols et les eaux souterraines. Ils peuvent ainsi être détectés dans des endroits loin de leur dispersion», poursuit l'auteur.

Longue durée

«Les effets à long terme de ces insecticides sur les fourmis sont alarmants», déclare le professeur Peter Neumann. «Notre étude montre combien de temps cela peut durer jusqu'à ce que les effets de ces résidus de produits chimiques deviennent visibles, avec des conséquences potentiellement graves».

Les auteurs soulignent donc l'importance de considérer les fourmis comme des organismes modèles et d'inclure les effets à long terme dans les futures évaluations des risques. Cela devrait garantir une agriculture plus durable à long terme.

https://doi.org/10.1038/s42003-020-1066-2

(ATS)

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18 commentaires
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Tordu écolos

02.07.2020 à 09:38

Et bien en voilà une trouvaille et un scoop en méme temps n'aurais jamais imaginé que les (vers) étaient au courant de cela ( ni mème l'être humain ) Mais heureusement qu'ils ont vu cela avant les elections .

Nimitta

01.07.2020 à 10:36

Je trouve scandaleux de faire de la manipulation pour les votations à venir, en relatant une étude qui n’est pas datée dans l’article, qui concerne une molécule qui est interdit en Suisse mais ne pas le mentionner. Comment savoir ce qui est véritablement encore utilisé ou pas et de ce fait pouvoir se faire une opinion réaliste de ce qui est pratiqué à l’heure actuelle.

polo

01.07.2020 à 10:18

Merci les péouzes