Importation de vaccins en Suisse: Il n’y aurait pas à craindre des nouvelles règles
Publié

Importation de vaccins en SuisseIl n’y aurait pas à craindre des nouvelles règles

Si un pays hors UE se procure des vaccins sans en exporter lui-même, l'UE peut bloquer l’importation de vaccins. La Suisse, bien que faisant partie d’une récente liste de 17 pays concernés, n’aurait rien à craindre, rassure Berne.

AFP

Jusqu'à présent, la Suisse bénéficiait d'une exemption de l'obligation d'obtenir une licence d'exportation dans ses relations avec les membres de l'Union européenne (UE). Grâce à cet accès privilégié, elle a pu acheter des vaccins anti-Covid-19 dans les pays de l'UE, sans licence. Mais depuis le 31 mars 2021, de nouvelles règles d'exportation sont en vigueur: 17 pays se sont vus retirer leur exemption – dont la Suisse, rapporte le SonntagsBlick.

À l'avenir, Bruxelles sera informée avant qu'un vaccin ne quitte l'UE. En clair, si un pays en dehors de l’Union européenne se procure des vaccins sans en exporter lui-même, cette dernière peut décider de bloquer ou non l’importation du sérum. Ce changement de règles s’inscrit dans le contexte tendu de la politique commerciale entre l'UE et le Royaume-Uni, depuis longtemps surnommée la «guerre des vaccinations» par la presse britannique.

Le feu aux poudres a été mis par AstraZeneca, ayant généreusement fourni le Royaume-Uni, mais avare de livraisons envers l’UE. Pour cette raison, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a menacé d'interdire les exportations.

Inquiétudes et pourparlers

Ces nouvelles règles inquiètent Andreas Faller, ancien directeur adjoint de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP): «Plus vite on vaccine en Suisse, plus on risque d'être sanctionné par l'UE avec des restrictions d'approvisionnement, c'est un paradoxe».

L’avocat et conseiller en santé craint ainsi que la sécurité d'approvisionnement de la Suisse soit menacée et veut de ce fait que Berne aille plus loin: «La Suisse devrait maintenant envisager des mesures de rétorsion.»

Plus mesuré, le Secrétariat à l’économie (SECO) exige que l'accès privilégié lui soit à nouveau accordé et qu'elle ne soit pas limitée dans son commerce de vaccins et de substances actives contre le Covid-19. «Si nécessaire, la Suisse interviendra également directement auprès des différents «États membres de l'UE pour qu'il n'y ait pas de retard dans les chaînes d'approvisionnement vers la Suisse», assure le SECO.

De son côté, la secrétaire d'État aux affaires étrangères Livia Leu a entrepris des démarches auprès de l'ambassadeur de l'UE en Suisse, Petros Mavromichalis. L'administration fédérale aurait reçu l'assurance que l'exclusion n’était pas dirigée contre la Suisse, selon le journal dominical.

(ewe)

Ton opinion