Vaud - Il pigeonne son amoureuse et les acheteurs de chats
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VaudIl pigeonne son amoureuse et les acheteurs de chats

Un homme basé au Cameroun s’est servi d’une quinquagénaire à l’AI pour arnaquer des personnes souhaitant acquérir des animaux de compagnie.

L’escroc s’est servi du tchat et des chats pour amadouer son amoureuse.

L’escroc s’est servi du tchat et des chats pour amadouer son amoureuse.

Jean-Guy Python/A

Envahie par sa candeur naturelle exacerbée par l’amour qu’elle ressentait pour un certain «Julien» basé au Cameroun et rencontré sur le Net en 2015, Sylvie* n’y a vu que du feu. La romance escomptée a débouché sur une grande désillusion et des ennuis judiciaires.

À la demande de l’escroc, la quinquagénaire à l’AI habitant la Broye vaudoise, passionnée par les animaux, a accepté que ses coordonnées bancaires figurent dans des annonces de vente de chats. Une fois l’argent viré sur son compte par des acheteurs potentiels loin de se douter qu’ils allaient se faire flouer, Sylvie transférait 90% du montant reçu à Julien. Le reste lui servait de frais de déplacement entre son village enclavé et les agences de transferts d’argent de Western Union. Entre avril 2019 et novembre 2020, le montant total versé par ces clients, qui n’ont plus que leurs yeux pour pleurer, dépasse 75’000 francs.

Six mois avec sursis

La fréquence et les montants d’argent envoyés ont fini par attirer les radars du Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent. Sylvie a été dénoncée aux autorités de poursuite pénale en juin 2020. Ses comptes ont été bloqués. «Je n’ai jamais agi pour faire du mal», a réagi la rentière AI quand elle s’est rendu compte de l’ampleur du désastre. Le dol éventuel a été retenu contre elle, car sa participation à l’activité délictueuse de «Julien» constitue une entrave à la découverte d’un crime.

Sylvie a été sanctionnée par ordonnance pénale à 180 jours-amende à 30 francs avec un sursis de deux ans. Elle doit également payer une créance compensatrice de 3500 francs et une amende de 1000 francs. Les 1425 francs de frais de procédure ont également été mis à la charge de l’amie des animaux qui a constaté sur le tard que, pour «Julien», elle n’était qu’un pigeon.

*Prénom d’emprunt

Fausses annonces et 9500 fr. en une semaine

Le même stratagème a été utilisé dans le canton de Neuchâtel. Entre le 10 et le 17 août 2020. Une femme de 38 ans a reçu sur son compte un montant de 9535 francs émanant de 22 virements effectués par des acheteurs floués. La Neuchâteloise envoyait ensuite l’argent via des sociétés de transfert à un certain «Adrian basé en Afrique». En tout, 19 plaintes pénales ont été enregistrées. Dans son ordonnance pénale du 10 mai, le procureur indique que la femme a participé à une escroquerie. Déjà condamnée pour des faits similaires en mars 2018, la trentenaire a écopé de trois mois de prison avec un sursis de trois ans pour complicité d’escroquerie et blanchiment d’argent. Et le sursis qui lui avait été octroyé dans l’affaire de 2018 a été prolongé d’un an. Elle devra également supporter les frais de la cause fixés à 3500 fr. Si et seulement si la situation financière de la prévenue indigente s’améliore un jour.

(apn)

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