19.12.2018 à 09:47

Donald Trump

«Il pourrait démissionner dans les semaines à venir»

Selon un éminent journaliste politique de la chaîne MSNBC, le président des Etats-Unis pourrait passer un accord avec le procureur Mueller pour éviter une inculpation.

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joc

Le procureur spécial Robert Mueller, qui enquête depuis mai 2017 sur les liens entre Donald Trump et la Russie, serait à bout touchant. Aucune preuve n'a été dévoilée jusqu'ici, mais les semaines à venir s'annoncent explosives à Washington.

Selon Chris Matthews, journaliste politique de la chaîne MSNBC, Donald Trump pourrait conclure un accord avec Robert Mueller afin d'éviter une inculpation, relève le Huffington Post. Le présentateur pense également que Donald Trump Jr. et Ivanka Trump pourraient être «les prochains dominos à tomber», qu'ils risquent des poursuites et des peines de prison. Chris Matthews verrait bien le procureur spécial proposer au président des Etats-Unis d'abandonner ses fonctions «en échange d'une tournée d'acquittements, pas seulement pour lui, mais aussi pour ses enfants».

Le journaliste cite en exemple le cas du vice-président Spiro Agnew, qui avait démissionné en 1973 dans le cadre d'un accord avec le procureur afin d'éviter d'être emprisonné pour fraude fiscale. «Utilisez la Maison-Blanche comme monnaie d'échange tant que vous le pouvez encore», conseille Chris Matthew à Donald Trump, avant d'annoncer, catégorique: «Alors regardons les événements probables de ces prochaines semaines atteindre le point de rupture. Cela va être historique».

La comparution mardi devant un juge de Washington de Michael Flynn, un ex-conseiller de Donald Trump, et la dissolution de la Fondation chargée des activités caritatives du président américain illustrent les nombreuses enquêtes judiciaires qui visent l'occupant de la Maison Blanche et son entourage.

Collusion avec la Russie

Le procureur spécial Robert Mueller a été chargé en mai 2017 d'enquêter sur «tout lien et/ou coordination entre le gouvernement russe et des individus associés à la campagne du président Donald Trump», mais aussi «tout sujet» découlant «directement» de ces investigations.

Les enquêteurs s'intéressent notamment à une réunion en juin 2016 à la Trump Tower à New York avec une avocate russe affirmant détenir des informations compromettantes sur la candidate démocrate Hillary Clinton. Paul Manafort, alors directeur de campagne du candidat républicain, le fils aîné du milliardaire Donald Jr et son gendre et conseiller Jared Kushner étaient notamment présents.

M. Mueller cherche aussi à savoir si Roger Stone, conseiller informel de M. Trump, s'est entendu avec WikiLeaks pour diffuser à l'été 2016 des milliers de courriels du parti démocrate, dont le contenu avait mis en difficulté Mme Clinton. La justice a inculpé jusqu'à présent 25 agents présumés du renseignement militaire russe (GRU) pour ingérence dans l'élection américaine.

L'ex-conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn et l'ancien conseiller diplomatique George Papadopoulos ont plaidé coupable d'avoir menti à la police fédérale (FBI) sur leurs contacts avec des responsables russes pendant la campagne. Paul Manafort a été reconnu coupable de fraude fiscale pour des faits antérieurs à 2014, quand il était conseiller du gouvernement ukrainien pro-russe. Il a aussi plaidé coupable d'obstruction à la justice.

Michael Cohen, ancien avocat personnel de Donald Trump, a été condamné à trois ans de prison pour avoir caché des contacts avec la Russie dans un projet immobilier à Moscou en 2016, alors que la campagne battait son plein.

Entrave à la justice

Donald Trump est soupçonné d'entrave à la justice pour avoir limogé en mai 2017 le patron du FBI James Comey, qui dirigeait alors l'enquête sur l'ingérence russe dans la campagne présidentielle. Ce limogeage a entraîné la nomination du procureur spécial. Auparavant, il aurait demandé à M. Comey de ne pas poursuivre Michael Flynn et a aussi semblé envisager la possibilité de gracier plusieurs proches s'ils étaient condamnés, dont MM. Flynn et Manafort.

Financement de campagne

Michael Cohen – condamné le 12 décembre à trois ans de prison –a admis avoir versé 280'000 dollars peu avant l'élection à deux femmes pour les empêcher de déclarer publiquement qu'elles avaient eu une liaison avec Donald Trump, qui dément. Ces versements, parce qu'ils étaient destinés à influencer le résultat de l'élection, auraient dû être intégrés aux comptes de campagne du candidat républicain, selon la justice.

Le milliardaire assure ne jamais avoir demandé à son avocat de violer la loi. M. Cohen affirme au contraire avoir agi «sous la direction» de Donald Trump, qui a admis avoir remboursé à son avocat les 130'000 dollars versés à l'actrice porno Stormy Daniels.

Fondation Trump

Le président est accusé d'avoir utilisé sa fondation --où siègent ses enfants Donald Jr, Eric et Ivanka-- pour promouvoir ses hôtels ou clubs de golf et lever des fonds liés à la campagne électorale, ce qui est interdit par la loi. La fondation aurait dépensé indûment quelque 2,8 millions de dollars.

L'enquête a mis en lumière l'imbrication entre la fondation et la Trump Organization. Ce groupe chapeaute les avoirs du président mais, du fait de son accession à la Maison Blanche, il en a confié la gestion à ses deux fils ainés tout en conservant ses parts, ce qui pourrait s'apparenter à un conflit d'intérêts.

La fondation a annoncé mardi sa dissolution mais l'action en justice continue.

Hôtel Trump

L'hôtel Trump International de Washington est l'objet d'une enquête portant sur les revenus perçus par son propriétaire auprès de gouvernements étrangers, en violation de la Constitution américaine. Désireuses de s'attirer les bonnes grâces de M. Trump, des délégations étrangères privilégient cet hôtel de luxe situé près de la Maison Blanche.

Prestation de serment

Selon le «Wall Street Journal», la justice enquête sur les 107 millions de dollars de dons reçus par le comité chargé d'organiser la cérémonie d'investiture de M. Trump en janvier 2017. Elle soupçonne des donateurs d'avoir mis la main au portefeuille en échange d'un accès privilégié à des membres de l'administration.

Fraude fiscale

Le fisc enquête sur des allégations de fraude par la famille Trump qui, selon le New York Times, aurait omis de déclarer plusieurs centaines de millions de dollars dans les années 1990.

(joc/afp)

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