Suisse: Il propose de privatiser les autoroutes
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SuisseIl propose de privatiser les autoroutes

Le patron des autoroutes autrichiennes, Klaus Schierhackl, estime que confier la gestion des autoroutes suisses à un privé profiterait aux automobilistes et à l'Etat.

Klaus Schierhackl suggère à la Confédération de créer en ce sens une société privée contrôlée par l'Etat, comme en Autriche. A la conférence annuelle de la fédération des entreprises constructrices d'infrastructures Infra, M. Schierhackl a plaidé jeudi à Lucerne pour une séparation entre l'autorité de contrôle et l'exploitant des autoroutes. En Autriche, une société anonyme - l'ASFINAG - exploite le réseau des routes nationales et gère son financement depuis 1997 à travers les recettes des péages et des vignettes autoroutières.

Rentabilité et influence de l'Etat

Les recettes des péages permettent de financer l'exploitation, l'entretien et l'extension du réseau, sans argent provenant de la manne publique, explique le directeur de l'ASFINAG. Elles alimentent ainsi un budget constant pour assainir et construire des autoroutes.

Comme la société exploitante privée appartient à l'Etat, l'intérêt public continue d'influencer ses décisions. Les aspects économiques liés à une gestion parcimonieuse, à la rentabilité et à l'utilité priment toutefois, souligne M. Schierhackl.

Selon lui, la privatisation garantit une prise en compte suffisante des intérêts des usagers. La sécurité routière, la réduction des bouchons et le développement des systèmes d'information routière constituent la priorité de l'ASFINAG.

Pas de «démocratie des recours»

Présente à la conférence, Doris Leuthard a souligné l'importance de réfléchir à long terme, lorsque l'on planifie et construit des infrastructures. S'il est important de consulter la population pour des grands projets, ce principe ne doit pas aboutir à «une démocratie des recours et des plaintes», a dit la ministre de l'Energie, des transports, de l'environnement et de la communication.

Les recours et les longues procédures d'autorisation représentent un obstacle à la sortie du nucléaire, a pour sa part déploré Pierre-Alain Graf, directeur général du réseau électrique national Swissgrid. Aujourd'hui, les procédures d'autorisation peuvent durer jusqu'à 12, voire 30 ans. Une durée de 6 ans serait idéale car le temps presse pour réaliser la transition énergétique. (ats)

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