Actualisé 26.05.2020 à 20:07

France

Il récidive selon le même scénario dix-sept ans plus tard

À peine avait-il purgé sa peine pour avoir tué sa compagne, en 2003, qu’un habitant des Vosges a étranglé son ex-belle-fille, qui l’hébergeait pendant le confinement.

Le drame s’est produit dans cette cité de Saint-Dié-des-Vosges.

Le drame s’est produit dans cette cité de Saint-Dié-des-Vosges.

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Le crime avait un terrible goût de déjà-vu pour les policiers de Saint-Dié (est): une femme étranglée avec un chargeur de téléphone, dont le cadavre avait été emballé dans des draps et abandonné plusieurs jours. Estelle, 25 ans, avait disparu le 3 mai et ses voisins s’étaient plaints d’une odeur de putréfaction.

Les soupçons se sont vite orientés vers son ex-beau-père. Hébergé chez la jeune femme depuis le début du confinement, G., 49 ans, était sorti de prison en septembre après 17 ans de réclusion. En 2003, à Nancy, il avait tué sa compagne Angélique, 20 ans, étranglée elle aussi avec un câble, cachée sous un drap et retrouvée des semaines plus tard.

Entre-temps, le meurtrier était allé jusqu'à envoyer des messages aux proches de la défunte pour leur faire croire qu'elle était encore en vie.

Mauvais pressentiment

«Les sœurs d'Angélique avaient ce sentiment qu'il récidiverait. Elles le répétaient à chaque demande de liberté conditionnelle», a témoigné leur avocat, Gérard Welzer, cité par «Le Parisien».

Lors de sa première arrestation, G. avait expliqué à la juge d’instruction que la victime avait flashé sur lui parce qu’il lui faisait penser au chanteur Bertrand Cantat, qui venait pourtant de tuer sa compagne, l’actrice Marie Trintignant. Il avait aussi soutenu qu'Angélique l'avait supplié de lui donner la mort. Des affirmations balayées par les parties civiles.

Arrêté vendredi, G. risque à présent la réclusion à perpétuité.

Un féminicide tous les 2 à 3 jours

En France, une femme meurt tous les deux à trois jours sous les coups de son conjoint ou d’un membre de sa famille. Un bilan qui a légèrement fléchi pendant le confinement, d’après la secrétaire d'État chargée de l’Égalité Marlène Schiappa, même si le nombre de signalements aux forces de l'ordre a bondi de 36% sur la même période.

(arg)

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