Actualisé 30.09.2011 à 15:41

BelgiqueIl réclame l'interdiction de «Tintin au Congo»

Un Congolais établit en Belgique demande au pays d'interdire l'album «Tintin au Congo» qui diffuse selon lui des «préjugés racistes».

Bienvenu Mbutu Mondondo, a réclamé l'interdiction de la commercialisation de la bande dessinée «Tintin au Congo».

Bienvenu Mbutu Mondondo, a réclamé l'interdiction de la commercialisation de la bande dessinée «Tintin au Congo».

Un ressortissant de la République démocratique du Congo, Bienvenu Mbutu Mondondo, a réclamé vendredi devant un tribunal belge l'interdiction de la commercialisation de la bande dessinée «Tintin au Congo», porteuse selon lui de «préjugés racistes abominables».

«C'est une BD raciste, qui fait l'apologie de la colonisation et de la supériorité de la race blanche sur la race noire. Va-t-on tolérer encore aujourd'hui un tel livre», a déclaré M. Mbutu Mondondo en arrivant au tribunal de première instance de Bruxelles.

Après quatre années de procédures, le tribunal s'est déclaré compétent pour juger cette affaire qui oppose ce comptable congolais vivant en Belgique, soutenu par une association française, le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN), à l'éditeur Casterman et à Moulinsart, la société ayant les droits commerciaux de l'oeuvre d'Hergé autres que les droits d'édition.

«Homme noir paresseux, docile ou idiot»

«L'oeuvre d'Hergé, qui date de 1931 et est toujours commercialisée, est en contravention avec la loi belge réprimant le racisme», a estimé Ahmed L'Hedim, l'un des avocats de M. Mbutu Mondondo.

«Mettez-vous à la place d'une fillette noire de 7 ans, qui découvre Tintin au Congo avec ses camarades de classe...», a-t-il fait valoir, en dénonçant la représentation dans l'album d'un «homme noir paresseux, docile ou idiot» et «incapable de s'exprimer dans un français correct».

«Des stéréotypes, on passe facilement à la discrimination, au racisme. Cela a encore des conséquences aujourd'hui», a insisté son collègue, Me Alain Amici, en réclamant l'interdiction de la commercialisation de la BD.

Bandeau d'avertissement?

Ils ont suggéré que le tribunal pourrait aussi imposer un bandeau d'avertissement ou une préface expliquant le contexte de l'époque, comme c'est le cas pour l'édition anglaise, tout en estimant qu'il «n'est pas certain qu'ils seront lus».

Les représentants de Casterman et de Moulinsart, qui répliqueront le 14 octobre, dénoncent une atteinte à la liberté d'expression.

«Si on censure Tintin au Congo en l'interdisant ou en obligeant l'éditeur à mettre un bandeau, c'est l'ensemble de la littérature mondiale qui va se retrouver devant les tribunaux, de Simenon à la Bible», a déclaré en marge de l'audience l'un d'eux, Alain Berenboom. (afp)

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