Vaud: Il rejette l’uniforme pour sauver sa boîte
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VaudIl rejette l’uniforme pour sauver sa boîte

Un chef d’entreprise a refusé sa convocation à la protection civile. Il se sent lâché par l’institution, qui pourrait lui faire payer son acte de rébellion.

par
Francesco Brienza
Le canton a mobilisé toute la protection civile vendredi dernier.

Le canton a mobilisé toute la protection civile vendredi dernier.

Keystone / photo d’illustration

«C’est injuste, les petites entreprises prennent assez cher comme ça, sans être encore plombées par les autorités!» Vincent Herzog est remonté: impossible pour lui d’être dispensé de protection civile (PCi) malgré sa demande, alors que ses sociétés sont en difficulté à cause du coronavirus.

«J’ai reçu ma convocation mercredi dernier pour un engagement de deux semaines dès le surlendemain, s’offusque le patron d’un centre de bien-être et d’une société active dans la décoration horlogère. Je comprends que la situation sanitaire est grave, mais la situation économique l’est aussi. La pression sur les entrepreneurs est énorme, et on sent que la PC n’en tient pas compte.»

Exceptions rares, mais possibles

Déçu, Vincent Herzog a choisi de ne pas se présenter. Et le Vaudois est prêt à en assumer les conséquences pénales. «Je vais sûrement finir avec une amende salée. Tant pis. Combien sommes-nous dans ce cas? Il faut le dire: en préservant les emplois, nous servons aussi notre pays!»

Chef de l’État-major cantonal de conduite, Denis Froidevaux tempère. «La situation est grave et l’engagement de la PC au profit du système de santé est déterminante pour tenter de maîtriser la situation. Dès lors, le régime des dispenses est restrictif, sans être rigide. En cas de situations particulières, les dispenses sont possibles, y compris pour les entrepreneurs en cas de besoins avérés et démontrés.»

Virés s’ils ont la mauvaise idée de servir

Depuis la mobilisation générale entrée en vigueur le 4 novembre, des entreprises se seraient illustrées en proférant des menaces de licenciements envers leurs employés, si ceux-ci venaient à entrer en service à la PC. Elles seraient plus d’une dizaine. «Non seulement c’est inacceptable d’un point de vue de la solidarité sociétale, mais c’est illégal, rappelle Denis Froidevaux. Si cela est avéré, nous serons contraints de dénoncer ces employeurs à la justice.»

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