Lituanie: Il revit grâce à sa prothèse bionique lausannoise
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LituanieIl revit grâce à sa prothèse bionique lausannoise

Un jeune Lituanien est le premier patient atteint de malformation congénitale à bénéficier d'une reconstruction bionique. Il savoure les prouesses de sa nouvelle main.

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Un jeune Lituanien est le premier patient atteint de malformation congénitale à bénéficier d'une reconstruction bionique. Il savoure les prouesses de sa nouvelle main.

Un jeune Lituanien est le premier patient atteint de malformation congénitale à bénéficier d'une reconstruction bionique. Il savoure les prouesses de sa nouvelle main.

AFP/Petras Malukas
Tendre le bras pour se verser un verre d'eau ou saisir une fourchette: ces gestes simples sont désormais possibles pour Martynas Girulis.

Tendre le bras pour se verser un verre d'eau ou saisir une fourchette: ces gestes simples sont désormais possibles pour Martynas Girulis.

AFP/Petras Malukas
Ces bras sensibles sont développés par un professeur de l'EPFL.

Ces bras sensibles sont développés par un professeur de l'EPFL.

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Tendre le bras pour se verser un verre d'eau ou saisir une fourchette: ces gestes simples sont désormais possibles pour Martynas Girulis. Ce Lituanien de 21 ans est né avec une malformation congénitale l'empêchant de se servir de ses mains. Il est devenu le premier homme au monde dont le bras, inerte, a été remplacé par une prothèse bionique guidée par son cerveau. Jusqu'à présent, les cas rapportés concernaient tous des amputés.

Il y a quelques mois encore, Martynas avait les deux bras constamment pliés aux coudes et totalement inertes. «Il est le premier patient souffrant d'une malformation congénitale à bénéficier d'une reconstruction bionique», affirme le docteur Oskar Aszmann, qui a opéré le jeune homme à Vienne le 4 novembre dernier. Spécialiste de la chirurgie nerveuse et des extrémités depuis vingt ans, le chirurgien autrichien a développé le concept de «reconstruction bionique».

Espoir pour de nombreux handicapés

«Très récemment, nous avons vu de nombreuses améliorations pour augmenter l'habileté des prothèses de bras et collecter un retour sur la sensibilité. Les possibilités d'améliorer la vie des personnes handicapées semblent très prometteuses», indique à l'AFP le professeur Silvestro Micera, de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, qui développe ces bras sensibles.

Martynas est né avec de l'arthrogrypose, une maladie neuromusculaire interdisant toute rotation ou flexion des bras et, dans une moindre mesure, des membres inférieurs. Il n'a pu marcher qu'à l'âge de 6 ans, au prix de six opérations très lourdes réalisées en Lituanie et en Suède. Mais il avait toujours besoin d'une tierce personne pour ses activités quotidiennes.

«J'ai trouvé une main!»

«Petit, il était toujours actif, il arrivait même à faire du vélo, le haut du corps pesant entièrement sur le guidon», raconte la mère de Martynas, dont la vie a a changé le 28 février 2011. «Il a dévalé l'escalier en criant: «J'ai trouvé une main, j'ai trouvé une main!» se souvient sa maman.

C'est grâce à internet que Martynas a découvert le service du professeur Aszmann. Avant d'amputer son bras droit pour faire de la place à la prothèse, il a fallu transplanter des nerfs au niveau de l'épaule pour que le jeune homme dispose des influx nerveux commandant le bras. Il a également dû muscler son épaule, une année durant, et a reçu des muscles prélevés sur sa cuisse.

Le bonheur d'effectuer des gestes simples

«Commander cette main c'est comme commander un hélicoptère», explique le jeune homme, sourire aux lèvres. Pour cela, il a dû s'entraîner, notamment avec une main virtuelle sur un ordinateur qu'il devait faire bouger par la pensée, tout en contrôlant sur un autre écran son activité musculaire, à l'aide d'électrodes.

Dans sa cuisine, Martynas ne tient pas en place. Il se sert à manger, pique avec une fourchette quelques pommes de terre d'une casserole et les dépose dans son assiette. Il se verse un verre d'eau, sort plusieurs produits du réfrigérateur, les range à nouveau, pose un vase sur la table...

«Ce qui me réjouit aujourd'hui, c'est la possibilité de faire des petites choses: prendre une fourchette, me tenir dans le bus», dit Martynas, qui suit par correspondance les cours de terminale, avant peut-être de se lancer dans des études de psychologie.

Le coût de la prothèse bionique (près de 100'000 fr.) et de l'amputation (plus de 5000 fr.) a été pris en charge à 80% par la caisse maladie de Lituanie. (afp)

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