La Chaux-de-Fonds: Il s'accusait à tort d'un meurtre: indemnisé
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La Chaux-de-FondsIl s'accusait à tort d'un meurtre: indemnisé

Un individu à l'AI soupçonné d'avoir tué une kiosquière en 2011 va toucher 42'000 francs pour 6 mois passés en prison.

par
Christian Humbert

Situation inédite pour la justice neuchâteloise: deux «meurtriers» ne seront pas jugés. Malgré ses aveux, le premier n'est pas l'auteur du drame qui a coûté la vie à une vendeuse du centre commercial de La Chaux-de-Fonds, étranglée en mai 2011. Quant au second, l'époux de la victime, il est bien le coupable, mais il est âgé de 80 ans et souffre de la maladie d'Alzheimer.

L'épilogue de ce dossier s'est joué à l'automne dernier devant le Tribunal cantonal neuchâtelois. Des indemnités ont été accordées à la veille de Noël au premier suspect. Ce rentier à l'AI de 24 ans avait été détenu provisoirement durant 6 mois. Il avait prétendu avoir étranglé la dame qui l'avait pris sous son aile. Le jeune homme était la dernière personne à avoir été vue en compagnie de la victime.

La démonstration a été faite par Me Madalina Diaconu que son client n'avait pas la capacité d'analyser ce qui lui était reproché. «Mon client répète ce qu'on lui dit pour faire plaisir. Dans cette affaire, il a raconté n'importe quoi...» Elle réclamait 80'000 fr. pour les 6 mois d'incarcération. La Cour cantonale a ramené le montant à 42'000 fr. puisque ce sont les aveux du rentier lui-même qui ont provoqué sa détention.

L'enquête avait prouvé, grâce à des analyses ADN, que les traces sur le cou et la nuque de la kiosquière de 59 ans conduisaient vers un seul coupable: l'époux de la victime. L'homme, qui avait découvert le corps, avait livré des explications confuses. Or, cet octogénaire souffre de tels problèmes physiques et psychiques qu'il ne peut pas être condamné. L'enquête ouverte contre lui est ainsi close, sans procès.

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