Ministre accusé de viol: Il souhaitait juste «partager des connaissances»

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Ministre accusé de violIl souhaitait juste «partager des connaissances»

Un ministre français, visé par une plainte d'ex-collaboratrices pour viol et harcèlement sexuel sous couvert de réflexologie, assure qu'il souhaitait «partager des connaissances».

par
cga

Une enquête préliminaire a été ouverte mercredi en région parisienne pour vérifier la véracité des accusations contre un membre du gouvernement français, Georges Tron, contre qui une plainte pour «harcèlement sexuel» a été déposée par deux ex-employées de mairie.

«Si les faits dénoncés sont établis, ils seraient susceptibles de recevoir la qualification d'agression sexuelle et de viol», a expliqué le procureur de la République d'Evry, près de Paris, Mme Marie-Suzanne Le Quéau.

L'entourage de Georges Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique, a laissé entendre qu'il allait aussi porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

Le ministre assure au «Parisien» que les caresses des pieds prodiguées s'inscrivaient dans un contexte de «partage de connaissances». «Je pratique la réflexologie, j'ai créé une association de médecine alternative et j'ai organisé des colloques.»

La magistrate en charge de la plainte a précisé que l'ouverture d'une enquête préliminaire pour ces faits était la procédure habituelle lorsque le parquet est saisi de telles plaintes.

Au terme de cette enquête, en fonction des éléments recueillis, le parquet aura le pouvoir de ne pas donner suite à la procédure, d'ouvrir une information judiciaire confiée à un juge d'instruction ou, en cas de seul délit d'agression sexuelle, renvoyer l'affaire devant un tribunal correctionnel.

«Des balivernes»

Le quotidien populaire «Le Parisien» avait écrit mercredi que deux ex-employées municipales de Draveil, une commune de la banlieue sud de Paris dont M. Tron (UMP, droite) est le maire avaient déposé plainte contre lui.

«Une plainte a bien été adressée par voie recommandée au parquet par deux ex-employées de la mairie pour harcèlement sexuel mardi à 12H00», a déclaré l'avocat des plaignantes, Gilbert Collard, dans un message à l'AFP mercredi.

Le parquet d'Evry (sud de Paris) a confirmé mercredi à l'AFP le dépôt d'une plainte contre le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, mais a refusé de confirmer si les faits visés relevaient du harcèlement sexuel.

Ces accusations ont été qualifiées de «balivernes» par la défense du secrétaire d'Etat. «Georges Tron a donné instruction de déposer une plainte pour dénonciation calomnieuse. Elle sera déposée lorsque j'aurai eu accès à l'autre plainte», a déclaré mercredi à l'AFP son avocat, Olivier Schnerb.

«Je ne suis pas naïf»

«Je ne suis pas naïf, on cherche à faire écho à une affaire qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique...», avait réagi mardi soir Georges Tron, en faisant référence aux accusations de tentative de viol qui pèsent contre l'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI) et ministre socialiste français, Dominique Strauss-Kahn aux Etats-Unis.

Selon «le Parisien», les plaignantes «dénoncent les très nombreux gestes déplacés du maire dans la foulée de leur embauche. Sous couvert de réflexologie (massage thérapeutique des pieds), Georges Tron se serait permis de leur caresser les pieds en toutes circonstances». Le quotidien affirme aussi que les plaignantes ont fait état de «véritables agressions sexuelles» et qu'elles «sont devenues dépressives au point de tenter de mettre fin à leurs jours». (cga/ats/afp)

Marine Le Pen poursuit Georges Tron en diffamation

Marine Le Pen a annoncé jeudi qu'elle poursuivait en diffamation le secrétaire d'Etat français à la Fonction publique Georges Tron. Ce dernier accuse le Front national d'être à l'origine d'une campagne contre lui ayant débouché sur l'ouverture d'une enquête pour abus sexuel.

Georges Tron est visé par une enquête préliminaire pour agression et viol, ouverte mercredi à la suite d'une plainte de deux ex- collaboratrices.

«J'observe que cela vient de Me Gilbert Collard, qui est un proche de Marine Le Pen, avec laquelle je suis en conflit depuis des mois», avait répondu mercredi Georges Tron, évoquant un contentieux privé l'opposant à la famille Le Pen.

Marine Le Pen, présidente du Front national, a répliqué sur RFI : «Je trouve ça très grave et je poursuis dès aujourd'hui monsieur Tron en diffamation». «Je ne le laisserai pas mettre en cause ma réputation pour essayer de sauver la sienne», a-t-elle ajouté.

Deux ex-collaboratrices de Georges Tron à sa mairie de Draveil (Essonne) ont porté plainte pour harcèlement sexuel. Mais le procureur de la République d'Evry considère que les faits décrits dans la plainte pourraient être qualifiés d'agression sexuelle et de viol s'ils étaient confirmés.

Georges Tron a fait savoir par son avocat qu'il porterait plainte contre ses accusatrices pour dénonciation calomnieuse.

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