Voyages sans billet: «Il suffit d'un petit couac pour rater son train»
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Voyages sans billet«Il suffit d'un petit couac pour rater son train»

Aux distributeurs et aux guichets vont s'ajouter des senseurs qui enregistreront les entrées et sorties dans les trains. Uniquement pour les voyageurs ayant un SwissPass.

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smk/nxp
Les billets représentent un complément bienvenu aux guichets mais une autre possibilité est actuellement à l'essai.

Les billets représentent un complément bienvenu aux guichets mais une autre possibilité est actuellement à l'essai.

photo: Keystone

Monter directement dans le train sans avoir à se préoccuper de l'achat de billet! Telle est l'ambition des CFF, qui comptent épargner à leurs usagers de passer par les automates à billets. L'ex-régie fédérale travaille en effet à un système Bibo («be in, be out»). Des senseurs dans les trains permettront d'enregistrer les entrées et sorties, à condition que les voyageurs disposent d'un SwissPass. Dans ce cas, ils recevront une facture électronique.

Un projet concret est actuellement à l'essai à Zoug et son entrée en vigueur pourrait intervenir d'ici à 2025 au plus tard dans tout le pays, comme l'explique «20 Minuten».

Quid des tarifs?

La solution séduit Kurt Schreiber, président de Pro Bahn Suisse. «Simplement monter dans un train et partir est tout ce que recherche l'usager», estime-t-il, car, pour lui, les automates représentent parfois un obstacle pour les passagers un peu pressés. «Il suffit d'un petit problème pour rater son train.»

Le système Bibo doit encore faire ses preuves et ses tarifs sont encore inconnus, mais Kurt Schreiber espère que les usagers fréquents bénéficieront de rabais. Les CFF y songent, en les proposant sur le décompte.

Le papier ne va pas disparaître

Bien entendu, la loi sur la protection des données devra être impérativement respectée et le plus gros défi consistera à tracer les déplacements des usagers pour les facturer correctement, souligne Jeannine Pilloud, cheffe du transport de personnes, dans la «Berner Zeitung». Cette étape nécessitera donc une base juridique.

Ce point sera suivi de près par Pro Bahn. «Les usagers craignent que les CFF n'établissent leur profil de déplacement», explique Kurt Schreiber. Il est donc primordial que la régie supprime les données collectées après un bref délai.

Les billets sur papier, les guichets ou les automates ne devraient pas disparaître pour autant, puisque le futur Bibo n'est pas adapté à tous les usagers.

Comment ça marche?

Un système enregistre la carte du passager dès qu'il monte dans un train et le quitte. Il vérifie également entre deux gares que la carte, et donc l'usager, sont toujours dans le train.

Les données sont ensuite envoyées à la centrale qui calculera le prix du trajet. Ce dernier sera visible sur le compte du client. Et pour éviter tout abus, un conseiller à la clientèle mènera des contrôles d'identité afin de s'assurer que le voyageur est bien le possesseur de la carte.

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